La nouvelle équipe se présente : Loïc CHRISTOPHE, Président (épisode 1/5)

En novembre, Loïc Christophe a succédé à Bernard Lacombe à la présidence de FODSA GDS Aveyron.

Pouvez-vous vous présenter ?
L. Christophe : «J’ai repris en 1998 la petite exploitation de mes parents, sur le secteur de Montbazens et j’ai pu concrétiser ce projet d’installation grâce à la reprise d’une ferme voisine en bovin lait et viande. J’ai toujours été passionné d’agriculture d’ailleurs j’ai passé un bac à La Vinadie dans le Lot puis un BTS Acse à Aurillac. Mes beaux-parents avaient eu aussi une exploitation laitière : j’ai toujours baigné dans ce milieu ! Avant de m’installer, et après l’Armée, j’ai travaillé au Service de remplacement puis 2 ans dans la scierie de mes parents ce qui m’a permis de passer mon permis poids lourds.

Pouvez-vous présenter votre exploitation ?
L. Christophe : J’ai repris comme je le disais l’exploitation familiale, une petite structure et une structure voisine en bovin lait et viande. J’avais alors un quota de 70 000 litres de lait mais dans un bâtiment en travée. En 2010, j’ai décidé de transformer le bâtiment des taurillons pour les vaches laitières et j’ai eu l’opportunité d’augmenter mon quota à 140 000 litres de lait. J’y ai adossé un petit atelier de 40 veaux de boucherie.
Mais en 2013-2015, la crise laitière m’a interrogé sur la suite de ma structure… En 2016, j’ai entendu parler d’une nouvelle opportunité : la production de canards prêts à gaver avec La Quercynoise. L’arrêt d’activité de mes beaux-parents en 2019 m’a permis de bénéficier d’un peu plus de surface ce qui m’aurait permis d’augmenter la production laitière mais le bâtiment n’était pas adapté à ce développement… J’ai donc choisi d’arrêter la production laitière et de créer un bâtiment spécialement pour le canard prêt à gaver. Et pour valoriser mes surfaces, j’ai créé un atelier d’engraissement de génisses et de mâles à la repousse via la coopérative natera.

De plus, je savais qu’à terme, j’aurai de moins en moins le soutien de mon père et mon beau-père, il me fallait aussi penser à la notion de main d’œuvre sur la ferme. Le canard gras comme l’engraissement sont des productions planifiées, qui offrent de la souplesse dans l’organisation du travail et me permettent de travailler seul avec une astreinte moins lourde.

Quels ont été vos premiers contacts avec le GDS Aveyron ?
L. Christophe : Je me suis impliqué progressivement dans mon parcours : d’abord auprès de mon GDS local à Montbazens puis j’ai participé à la commission bovine du GDS. Élu à la présidence du GDS local, j’ai intégré le conseil d’administration de FODSA GDS Aveyron. Via ma production de canards gras, j’ai été accompagné par la structure sur le volet biosécurité. Ma première implication a concerné un projet d’organisation à l’échelle régionale de la production avicole mais qui n’a pu aboutir faute de fonds. Ça a été pour moi, le début de mon implication. J’ai intégré le bureau de FODSA GDS Aveyron sous la présidence de Bernard Lacombe, puis j’ai succédé à Sylvain Fraysse au poste de secrétaire général.

Qu’est-ce qui vous motive dans cet engagement à FODSA GDS Aveyron ?
L. Christophe : Je me sens à l’aise, dans mon élément, dans cette organisation neutre. J’ai eu envie de m’impliquer sur le sanitaire parce que c’est une cause importante, qui touche tous les éleveurs, et il y a beaucoup à y faire ! L’approche collective de l’équipe à la FODSA me plaît beaucoup, en toute indépendance. Elle est source d’informations précieuses pour tous et son action, ses projets de recherche font avancer le cheptel aveyronnais. La FODSA est une organisation créée par les éleveurs, pour les éleveurs. Elle est à l’écoute et en soutien quand des difficultés surviennent.

Comment s’est passée la transition avec Bernard Lacombe ?
L. Christophe : Depuis 2 ans, nous travaillons ensemble au passage de relais à l’échelon départemental mais aussi régional et national. Comme lui je participerai au conseil d’administration de la FRGDS et de GDS France, c’est une fonction importante pour aller recueillir les informations et défendre ce que l’on vit sur nos territoires. Chaque région a ses spécificités et il est important de faire entendre notre voix.
J’avoue que j’ai démarré la présidence dans un contexte compliqué avec l’émergence de la DNC, ce fut très formateur ! Mais j’ai apprécié de pouvoir rencontrer l’ensemble des parties prenantes de l’élevage et du monde agricole, les services de l’Etat. Cela m’a permis de mieux m’impliquer et d’être reconnu aussi à l’échelle départementale.

Une nouvelle équipe vous entoure. Comment l’avez-vous constitué ?
L. Christophe : En effet, le bureau du GDS Aveyron a été renouvelé avec beaucoup de jeunesse et également des agricultrices bien présentes. Nous sommes porteurs de nouveaux projets et d’une nouvelle vision pour le sanitaire. Dès les premières réunions, chacun a apporté son expérience, sa façon de voir les choses. Nous avons aussi chacun, participé à des réunions locales de GDS cet hiver qui nous ont permis d’aller au contact des éleveurs, l’écouter leurs besoins et de les informer. Je tenais à leur participation parce que je pense c’est important que les membres de notre bureau soient reconnus localement.

Justement quelle a été l’ambiance de ces réunions locales, dans un contexte sanitaire toujours incertain ?
L. Christophe : Les échanges ont été sereins : les éleveurs étaient en recherche d’informations justes et concrètes. Nous avons recueilli leurs avis sur la gestion du sanitaire et écouté leurs problématiques que nous ferons remonter. Cette proximité sur le terrain est à mon sens, essentiel. Ainsi tout le monde peut s’exprimer, être écouté. Il faut savoir s’adapter aux attentes, aux exigences qui ont changé. Pour chaque décision importante, je m’appuierai sur la décision du collectif, et je veux poursuivre le partenariat fructueux avec les vétérinaires, les services de l’État, le laboratoire départemental, la Chambre d’agriculture, les syndicats de races, les négociants, les OP…».

Recueillis par Eva DZ, Volonté Paysanne du 2 avril 2026

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Les dernières actualités

Bovins, Caprins, Ovins

Plusieurs foyers de Fièvre Catarrhale Ovine (FCO) sérotype 3 ont été confirmés ces derniers jours dans notre département. À ce stade, les élevages concernés sont des élevages ovins. Dans un contexte de reprise de la circulation du virus, les éleveurs bovins, ovins et caprins sont appelés à renforcer leur vigilance et à poursuivre la vaccination de leurs animaux.

Une circulation du virus qui s’intensifie

Au niveau national, une reprise de la circulation du sérotype 3 est observée dans le sud-ouest de la France, une zone jusqu’alors épargnée par ce sérotype depuis son apparition en France en 2024.

Depuis le 1er juin 2026, 97 foyers de FCO-3 ont été recensés en France, dont 56 dans les Pyrénées-Atlantiques, 21 dans le Lot, 8 dans les Hautes-Pyrénées, 6 dans le Tarn, 5 dans l’Aveyron et 1 dans les Landes. La carte de la situation nationale est mise à jour chaque fin de semaine sur le site du ministère de l’Agriculture : https://agriculture.gouv.fr/la-situation-de-la-fievre-catarrhale-ovine-fco-en-france

Cette reprise intervient plus tôt que les années précédentes, ce qui laisse présager une période d’activité du virus plus longue et justifie une vigilance renforcée dès à présent.

Soyez attentifs aux signes cliniques

Les vétérinaires du département ont été informés de l’évolution de la situation sanitaire.

Si vous observez des signes évocateurs de la maladie (fièvre, abattement, lésions buccales, boiteries, œdèmes, baisse de production…), contactez sans attendre votre vétérinaire sanitaire.

Nous rappelons que, dans le cadre de la surveillance de la FCO, la visite du vétérinaire ainsi que les analyses diagnostiques sont prises en charge par l’État.

Il est encore temps de vacciner

La vaccination reste le moyen le plus efficace pour protéger les troupeaux contre la FCO-3.

Le sérotype 3 est particulièrement virulent et peut entraîner des conséquences sanitaires importantes, comme celles observées lors de la circulation du sérotype 8. Compte tenu de la circulation précoce du virus cette année, il est important de ne pas attendre pour protéger les animaux encore non vaccinés.

Nous invitons les éleveurs à se rapprocher de leur vétérinaire afin de mettre en place la stratégie vaccinale la plus adaptée à leur élevage.

Restons mobilisés

La vigilance de chacun est essentielle pour détecter rapidement les nouveaux cas et limiter la propagation de la maladie. Nous continuerons à vous tenir informés de l’évolution de la situation sanitaire.

Bovins

Dans le cadre de la poursuite du programme d’éradication de la BVD, le suivi de certains cheptels va évoluer au cours des prochaines campagnes. Cette évolution s’inscrit dans une démarche nationale visant à adapter la surveillance à la situation sanitaire des élevages, tout en maintenant un haut niveau de sécurité vis-à-vis de cette maladie.

Parce que ces changements peuvent susciter des interrogations, le GDS Aveyron met à votre disposition une Foire Aux Questions (FAQ) qui rassemble les réponses aux questions les plus fréquemment posées.

Vous y trouverez des explications simples et concrètes sur :

  • les raisons de cette évolution du suivi,
  • les cheptels concernés,
  • les nouvelles modalités de surveillance,
  • les conséquences pratiques pour votre élevage,
  • ainsi que les démarches à effectuer si nécessaire.

Notre objectif est de vous apporter une information claire et de vous accompagner dans cette transition. Les équipes du GDS restent bien entendu à votre disposition pour répondre aux questions spécifiques à votre situation.

Consultez dès maintenant notre FAQ BVD pour retrouver l’ensemble des réponses et mieux comprendre les évolutions du dispositif.

Évènements GDS

Au conseil d’administration de FODSA GDS Aveyron, jeudi 2 juillet, l’heure était au bilan : de la campagne de prophylaxie bovine, de la campagne BVD et  IBR. Travaux  d’études  et recherches,  communication  et formation, les équipes sont sur tous les fronts.

La campagne de prophylaxie bovine s’est achevée le 31 mai. FODSA GDS Aveyron a programmé plus de 4650 interventions et 97,5% d’entre elles ont été conformes. «Un pourcentage stable», analyse Fany Trotier.

Tuberculose sous surveillance

Si la situation semble rentrer dans l’ordre sur la tuberculose en Aveyron, en revanche, elle ne s’améliore pas à l’échelle nationale.  «Aujourd’hui  en  France, il n’y a pas plus de foyers mais le nombre de cheptels impactés augmente. Nous sommes toujours sous le seuil des 0,07%», avance Fany Trotier, rappelant que le seuil garantissant le statut indemne du pays est fixé sous 0,1%. Au 16 mars, 47 foyers étaient recensés en France, notamment sur les zones Aquitaine, FODSA GDS Aveyron appelant à la vigilance des éleveurs sur les échanges d’animaux vers cette région.

En Aveyron, aucun nouveau foyer n’a été découvert depuis l’apparition des deux premiers dans le bassin de Decazeville mais l’origine de leur apparition n’est toujours pas identifiée. Les éleveurs du secteur ont suivi une formation biosécurité et des audits biosécurité tuberculose ont été réalisés dans les cheptels de la zone concernée par des vétérinaires en lien avec le GTV et le GDS. A noter aussi la surveillance sur la faune sauvage qui pour l’heure n’a révélé aucun cas de tuberculose.

IBR : en route vers l’éradication

Dans la perspective de l’éradication IBR en 2027, les règles se durcissent en France, obligeant les troupeaux touchés à s’assainir. En Aveyron, le nombre de bovins et cheptels infectés est en baisse, mais Céline Pouget alerte sur les cheptels nouvellement infectés en 2025/26. Pour autant, FODSA GDS Aveyron continue son travail, un travail qui porte ses fruits comme l’a expliqué le président, Loïc Christophe. «Nos équipes sont pleinement mobilisées pour accompagner les éleveurs infectés à s’assainir à travers des visites d’élevage, des enquêtes épidémiologiques, un accompagnement technique et financier, en collaboration avec les vétérinaires». Un travail est également mené avec les services de l’Etat (DDETSPP) sur la gestion des cheptels infectés ainsi qu’avec les organisateurs de concours, rassemblement, estives…

A l’automne une réunion nationale est programmée pour faire le point sur la situation et mettre la pression, on s’en doute, sur les derniers cheptels infectés mais en Aveyron, on a fait le travail. Nous continuerons d’accompagner ceux qui font des efforts pour assainir leur cheptel», défend Loïc Christophe.

BVD : le suivi différencié démarre

Le dépistage BVD entre dans une période de transition suite à la décision du conseil d’administration puis de l’assemblée générale de FODSA GDS Aveyron en 2024. Progressivement, le dépistage virologique par boucle à la naissance laissera la place à un dépistage sérologique lors de la prophylaxie pour les élevages ayant des résultats favorables. Cette transition n’a eu aucune incidence sur la mobilisation des éleveurs toujours bien impliqués puisque le nombre de veaux dépistés à la naissance se maintient.

A partir de la campagne 2026/27, les cheptels ayant présenté des résultats favorables pourront prétendre au dépistage sérologique seul. Les boucles et le dépistage virologique à la naissance seront maintenus dans les autres cas. Déjà au 15 mai, 33% (des 4 396 cheptels) passent en sérologie seule : 30% en allaitant, 42% en laitier, 60% en mixte. Les commandes de boucles sont maintenues par le GDS mais validées sur retour du bon de commande en lien avec la Chambre d’agriculture.

Attention à la reprise de la FCO !

FODSA GDS Aveyron attire l’attention sur la reprise de la circulation virale de la FCO. Fany Trotier appelle notamment à la vigilance sur le sérotype 3 et sur le sérotype 1 actuellement en Espagne. L’Etat a mis à disposition des doses de vaccins pour bovins et ovins contre ce sérotype 1.

La clavelée ou variole ovine, ainsi que la peste des petits ruminants (PPR) sont, elles aussi, des sources d’inquiétudes pour les éleveurs. La Grèce est notamment concernée par de multiples épisodes de Clavelée en 2018, 2022 et depuis 2024, affectant grandement les effectifs. De même, la PPR est présente dans de nombreux pays de l’Union européenne. A noter également le retour de la fièvre aphteuse en Grèce et à Chypre. «FODSA GDS Aveyron assure sur ces maladies émergentes, un rôle d’information et de sensibilisation auprès des éleveurs», a rappelé Loïc Christophe. «Nous nous tenons à disposition de toutes celles et ceux qui auraient besoin d’informations sur ces maladies et nous participons à des réunions nationales et départementales pour connaître les évolutions», a-t-il ajouté. Des fiches techniques sur ces maladies émergentes sont disponibles sur le site de FODSA GDS Aveyron.

Des projets de terrain

Céline Pouget, docteur vétérinaire à FODSA GDS Aveyron, a présenté les projets d’études et de recherche en cours. Et ils sont nombreux ! Ainsi, FODSA GDS Aveyron participe au projet national de GDS France, baptisé PRISSME. Il consiste à déterminer l’influence de la génétique sur la résistance à la paratuberculose en bovin. L’Aveyron participe notamment à la remontée des sérologies sanguines et des cas cliniques en races Aubrac, Limousine et Blonde d’Aquitaine. «Plus de 50 000 résultats ont été remontés pour analyse et génotypage sur 3 ans en lien avec Aveyron Labo», avance Céline Pouget.

Plus que jamais d’actualité, le projet régional SECUR’EAU mené par le GIE Elevage Occitanie veut permettre de diffuser des pratiques innovantes mobilisant des ressources en eau, autres que celles du réseau potable, pour les besoins de l’élevage. L’Aveyron est partie prenante de ce projet à travers des fermes pilote et des groupes territoriaux, en partenariat avec la Chambre d’agriculture.

FODSA GDS Aveyron par le biais de la FRGDS Occitanie, suit de près le projet européen du CIRAD sur la FCO. Il s’agit d’une enquête pour mieux comprendre les motivations, freins, perceptions des éleveurs ovins et bovins au sujet de la vaccination FCO. L’Aveyron a ainsi envoyé une liste de cheptels qui ont accepté d’être contactés sur ce sujet.

En petits ruminants, le travail de recherche se poursuit sur les avortements avec l’école nationale vétérinaire de Toulouse. Les protocoles nationaux OSCAR (boîtes d’avortement) vont évoluer afin d’intégrer de nouvelles techniques d’analyses. Le GDS Aveyron est pleinement impliqué dans la mise à jour de la bibliographie, les retours du terrain, les pratiques de laboratoire… auprès des personnes ressources et experts.

Enfin, Fany Trotier a présenté les multiples actions de communication menées par le GDS pour se faire connaître et faire connaître ses rôles et missions auprès des éleveurs : journée portes ouvertes FARAGO, présence sur des salons comme Provinlait, réunions locales, interventions auprès des étudiants et futurs éleveurs, communication technique sur le site internet, présence sur les réseaux sociaux, dans la presse agricole… et un calendrier de formations encore bien fourni ! Des actions qui se poursuivront sur la campagne 2026/27 et notamment le retour de la formation manipulation et contention des bovins dès cet automne ainsi que des nouveau-tés comme la formation en éthologie bovine au printemps 2027.

Article rédigé par Eva DZ, La Volonté Paysanne du 9 juillet 2026

Groupement de défense sanitaire de l’Aveyron. Actions sanitaires, formations des éleveurs, prévention.