Foire aux questions
Comprendre la BVD
Qu'est-ce que la BVD ?
La BVD (Diarrhée Virale Bovine) est une maladie virale des bovins, provoquée par un Pestivirus. Elle n’est pas transmissible à l’homme. Ce virus fragilise le système immunitaire du troupeau, favorisant :
Des troubles de la reproduction (retours en chaleurs, avortements).
Des pathologies néonatales (diarrhées, syndromes grippaux, retards de croissance).
Une baisse globale de performance.
L’infection du troupeau peut passer inaperçue… mais ses conséquences sont majeures. Le risque principal : la naissance de veaux IPI (Infectés Permanents Immunotolérants), véritables “bombes à virus”.La BVD est une maladie règlementée dont la surveillance, la détection et l’élimination des IPI est obligatoire en France pour tous les cheptels bovins depuis l’Arrêté Ministériel de 2019.
Différence entre un bovin IPI et un virémique transitoire ?
Un animal IPI, c’est quoi ?
Un IPI est très contagieux. Sa durée de vie est souvent courte.
Une femelle IPI donnera toujours naissance à un veau IPI.
Un IPI est un veau infecté in utero durant les 5 premiers mois de gestation. Son système immunitaire ne reconnaît pas le virus : il le tolère… et l’excrète en grande quantité toute sa vie.
Et un Virémique Transitoire ?
Il s’agit d’un bovin infecté après la naissance. Il porte et excrète le virus de façon temporaire, pendant quelques semaines, jusqu’à développer sa réponse immunitaire et éliminer progressivement le virus. Il ne sera donc virémique que quelques temps puis redeviendra sain.
Pendant cette phase virémique :
Il est contagieux,
Il est plus vulnérable aux autres maladies,
Si c’est une femelle gestante, elle pourra donner naissance à un veau IPI.
Est-ce que la BVD a disparu ?
Non.
Même si la circulation virale a fortement diminué, la BVD reste présente et peut réapparaître :
lors d’introductions d’animaux,
par contacts de voisinage,
via des animaux virémiques ou IPI non détectés,
ou lors de mouvements.
La vigilance reste indispensable.
Le dépistage BVD reste-t-il important aujourd'hui ?
Oui.
La BVD reste une maladie économiquement importante pouvant provoquer :
troubles de reproduction,
avortements,
baisse d’immunité,
problèmes respiratoires,
pertes économiques importantes.
Le maintien d’une surveillance collective est indispensable pour éviter une réémergence.
Par ailleurs, la BVD est une maladie réglementée en France depuis l’arrêté ministériel du 31 juillet 2019, qui encadre la surveillance, le dépistage et les mesures de maîtrise de la maladie au niveau national.
Pourquoi le suivi évolue en Aveyron
Pourquoi le suivi BVD évolue-t-il en Aveyron ?
La situation sanitaire BVD s’est fortement améliorée ces dernières années grâce au dépistage systématique des veaux à la naissance.
Aujourd’hui, de nombreux cheptels présentent un risque faible. Le dispositif évolue donc vers un suivi plus adapté au niveau de risque de chaque élevage, tout en maintenant une surveillance efficace de la maladie.
Ce changement diminue-t-il la sécurité sanitaire ?
Non, l’objectif est au contraire :
de maintenir la maîtrise de la BVD, tout en adaptant les moyens de surveillance au niveau de risque réel des élevages.
De permettre également de détecter les cheptels avec circulation virale et sans IPI.
La réussite repose sur :
la surveillance collective,
la réactivité,
et le maintien des bonnes pratiques sanitaires.
Les deux modes de surveillance
Quels seront les deux modes de surveillance possibles ?
Dépistage à la naissance par boucles BVD : on réalise une analyse virologique
Chaque veau est testé individuellement dès la naissance grâce à la boucle de prélèvement TST (Test Sur Tissu). Le prélèvement effectué sur le veau à la naissance (<21 jours) sert à rechercher directement le virus de la BVD.
L’objectif est de détecter rapidement un animal IPI (Infecté Permanent Immunotolérant), c’est-à-dire un animal porteur et excréteur du virus.
Ce dépistage peut aussi détecter des animaux contaminés, soit en fin de gestation, soit juste après leur naissance. Dans ce cas, il s’agit de virémiques transitoires.
Surveillance par sérologie lors de la prophylaxie : on réalise une analyse sérologique
Les cheptels bovin viande sont suivis grâce à des analyses sérologiques de mélange réalisées sur les jeunes bovins âgés de 24 à 48 mois au moment de la prophylaxie annuelle. Les bovins connus séropositifs et les bovins recensés vaccinés ne sont pas analysés afin de ne pas perturber l’interprétation des résultats. En effet, les animaux vaccinés sont séropositifs en raison de la réaction immunitaire provoquée par la vaccination.
Les cheptels bovin lait sont suivis grâce à deux analyses sérologiques sur lait de tank programmées par le GDS12 (en octobre et mars).
La surveillance sérologique permet de rechercher des anticorps contre la BVD. Les anticorps indiquent que l’animal a été en contact avec le virus (ou éventuellement vacciné selon les situations).
On ne recherche pas directement le virus, mais la réaction immunitaire de l’animal.
La sérologie remplace-t-elle totalement les boucles ?
Non.
La sérologie est une méthode de surveillance du troupeau, mais elle ne permet pas d’identifier directement un veau IPI à la naissance.
En cas d’alerte sérologique, des analyses complémentaires seront nécessaires.
Que se passe-t-il si une circulation virale est suspectée ?
Pour les cheptels suivis par sérologie et dont les résultats deviendront séropositifs, des investigations complémentaires seront mises en place. Ils basculeront en suivi virologique à la naissance par boucle TST. Il s’agira de rechercher les IPI nés ou à naître.
En parallèle, une évaluation de la situation de chaque cheptel sera faite par le GDS Aveyron en lien avec le vétérinaire de l’élevage afin de prendre les mesures propres à chaque cas.
Interpréter mes résultats
Aucun IPI détecté mais prophylaxie positive : que se passe-t-il ?
La détection par boucle permet de détecter les animaux contaminés pendant la gestation. En cas de passage du virus BVD, des animaux IPI peuvent se former mais ceci n’est pas systématique. En effet, les mères doivent être à une phase précoce (<5 mois de gestation) pour que les IPI se forment. C’est ainsi que si le virus est passé à une autre période, par exemple plus tardivement, alors on n’aura pas formation d’IPI. Néanmoins, le virus a circulé ou circule actuellement. L’analyse sérologique permet de détecter cette circulation même sans IPI.
Autre possibilité, des animaux ont été vaccinés ou des animaux achetés ayant vu le virus ou vaccinés ont été analysés. Ces animaux sont responsables des analyses séropositives. Dans ce cas, il n’y a pas forcément de circulation de virus mais il n’existe pas de test permettant d’identifier si c’est un animal vacciné ou s’il a vu le virus.Autre possibilité, des animaux ont été vaccinés ou des animaux achetés ayant vu le virus ou vaccinés ont été analysés. Ces animaux sont responsables des analyses séropositives. Dans ce cas, il n’y a pas forcément de circulation de virus mais il n’existe pas de test permettant d’identifier si c’est un animal vacciné ou s’il a vu le virus.
Résultats positifs : mon cheptel est-il contagieux ?
Une analyse séropositive indique que l’animal a soit été vacciné, soit a été en contact avec le virus. Ces animaux ont développé des anticorps. Ceux-ci apparaissent 15 jours après vaccination /contact. Il n’est pas possible de dater depuis quand ils ont vu le virus ou ont été vaccinés. Ce marquage sérologique persiste très longtemps (plusieurs années).
Aussi, des analyses séropositives ne permettent pas de dire si le cheptel est contagieux ou pas au moment de l’analyse. Il indique un passage de virus actuel ou passé ou un vaccination.
C’est pourquoi des analyses régulières sont réalisées en sérologie afin de suivre l’évolution des cheptels. Un cheptel séronégatif qui devient séropositif est le signe d’une circulation virale récente.Aussi, des analyses séropositives ne permettent pas de dire si le cheptel est contagieux ou pas au moment de l’analyse. Il indique un passage de virus actuel ou passé ou un vaccination.
C’est pourquoi des analyses régulières sont réalisées en sérologie afin de suivre l’évolution des cheptels. Un cheptel séronégatif qui devient séropositif est le signe d’une circulation virale récente.
Qui passe en sérologie, et comment ?
Quels élevages pourront arrêter les boucles ?
Le passage d’un dépistage systématique sur boucles vers une surveillance sérologique dépendra des résultats sanitaires du troupeau.
Pour les élevages allaitants
Les élevages pourront arrêter le dépistage sur boucles si le résultat de la prophylaxie hivernale est favorable, à savoir :
Les sérologies de mélange sont toutes négatives ;
réalisées sur des jeunes bovins âgés de 24 à 48 mois.
Un résultat négatif indique l’absence de circulation récente du virus dans le troupeau. Dans ce cas, la surveillance pourra ensuite être réalisée chaque année par sérologie lors des prophylaxies.
Pour les élevages laitiers
Les élevages laitiers pourront également sortir du dépistage sur boucles lorsque les contrôles réalisés sur le lait de tank sont négatifs.
Un résultat négatif traduit l’absence de circulation virale détectable dans le troupeau.
Comment suis-je informé du mode de dépistage ?
Chaque éleveur a été informé individuellement au printemps 2026.
À la suite des résultats de la prophylaxie, un courrier a été adressé à chaque exploitation précisant le mode de dépistage BVD retenu pour le troupeau.
Ce courrier indique clairement si l’élevage :
reste en dépistage par boucles TST à la naissance ;
passe en suivi sérologique lors de la prochaine prophylaxie.
Comment est organisée la commande des boucles ?
En fonction de cette orientation, le type de boucles est défini en amont.
Le bon de commande annuel est donc préétabli selon le mode de surveillance attribué à l’élevage :
boucles TST (Test sur Tissu) pour les cheptels en suivi par boucles ;
boucles conventionnelles pour les cheptels en suivi sérologique.
Cela permet de sécuriser la cohérence entre le statut sanitaire BVD de l’élevage et les modalités de dépistage mises en place.
Faut-il continuer à tester TOUS les veaux en boucles TST ?
Oui.
Les élevages qui resteront en surveillance BVD par boucles devront continuer à boucler et analyser la totalité des veaux à la naissance conformément à l’Arrêté Ministériel de 2019.
Chaque naissance devra donc faire l’objet d’un prélèvement pour une analyse virologique BVD.
Ce maintien du dépistage systématique permet :
de détecter rapidement un éventuel animal IPI ;
de limiter les risques de diffusion du virus ;
et de sécuriser le statut sanitaire du troupeau et des mouvements d’animaux.
La mention « bovin non IPI » sera-t-elle toujours présente sur les cartes vertes des veaux ?
Non.
Pour les cheptels engagés en suivi sérologique, la mention « bovin non IPI » ne figurera plus systématiquement sur les cartes vertes des veaux.
Elle sera maintenue sur les cartes-vertes des veaux dépistés avec les boucles TST.
(C’est ici que tu avais un titre cassé « Non pour les cheptels en sérologie… » : remplace-le par cette question + sa réponse.)
Les éligibles sérologie peuvent-ils continuer les boucles ?
Oui.
Il a été acté par le Conseil d’administration du GDS Aveyron que les éleveurs éligibles au suivi sérologique pourront, s’ils le souhaitent, continuer à réaliser un dépistage BVD sur boucles.
Cette possibilité est, dans un premier temps, transitoire. La question sera posée au Conseil d’Administration chaque année, de façon à évaluer l’impact technique et financier de cette possibilité.
Deux possibilités sont proposées :
Poursuivre le dépistage systématique de tous les veaux
L’éleveur peut continuer à commander des boucles TST et s’engage alors à tester la totalité des veaux à la naissance.
Lors de sa commande de boucles, l’éleveur devra contacter le service sanitaire du GDS afin de modifier son bon de commande, initialement prévu en boucles conventionnelles, pour des boucles TST. Dans ce cas, le fonctionnement reste identique au dispositif actuel.
Réaliser un dépistage ciblé sur certains veaux
Le GDS pourra fournir des boucles boutons permettant de tester uniquement certains animaux choisis par l’éleveur.
Ce dépistage ciblé pourra par exemple concerner :
les génisses de renouvellement ;
des animaux destinés à la vente ;
ou des veaux présentant un intérêt particulier pour l’éleveur.
Vaccination
Un élevage qui vaccine peut-il passer en sérologie ?
Pas automatiquement.
Le suivi sérologique BVD peut s’avérer limité, voire difficilement interprétable, dans les élevages réalisant une vaccination BVD :
vaccination des jeunes bovins avec un vaccin respiratoire contenant une valence BVD ;
ou vaccination des mères avec un vaccin à protection fœtale.
En effet, la vaccination entraîne la production d’anticorps, rendant les sérologies positives sans forcément traduire une circulation du virus dans le troupeau. Dans cette situation, il n’est pas possible de différencier facilement des anticorps vaccinaux d’une circulation virale naturelle.
Par conséquent, les élevages avec sérologies positives ne pourront pas arrêter automatiquement le dépistage BVD sur boucles.
Dans ces situations, il sera nécessaire de réfléchir, avec le vétérinaire sanitaire et le GDS, à l’intérêt de poursuivre la vaccination sur tout ou partie du cheptel, en fonction :
de la situation épidémiologique de l’élevage ;
du niveau de risque ;
et des objectifs sanitaires du troupeau.
Deux possibilités existent toutefois :
Vacciner les jeunes bovins après la prophylaxie
L’éleveur peut choisir de vacciner ses jeunes bovins uniquement après la réalisation de la prophylaxie annuelle. Cela permet d’obtenir des résultats sérologiques interprétables avant vaccination.
Dans ce cas, il est important de rappeler qu’il est indispensable de renvoyer chaque année au GDS le compte rendu de vaccination BVD transmis par le vétérinaire.
Cette information permet au service sanitaire de ne pas programmer les animaux vaccinés pour les futures analyses sérologiques.
Réaliser des prélèvements sur animaux sentinelles
L’éleveur peut également choisir de réaliser, à ses frais, des prélèvements sérologiques sur des animaux sentinelles âgés de 12 à 24 mois.
Ces animaux doivent être non vaccinés afin de permettre une interprétation fiable des résultats.
Dans cette situation, il est fortement recommandé d’échanger au préalable avec le service sanitaire du GDS afin d’étudier la faisabilité et les modalités pratiques de ce suivi.
Dois-je transmettre mon compte rendu de vaccination chaque année ?
Oui.
Le compte rendu de vaccination doit être transmis chaque année au GDS afin d’assurer le suivi des bovins vaccinés, notamment des animaux âgés de 24 à 48 mois.
Cette information permet d’écarter ces animaux de la prophylaxie par sérologie de mélange, afin d’éviter l’obtention de résultats positifs liés à la vaccination et non à une circulation du virus sur l’élevage.
Achats et introductions
La vigilance lors des achats reste-t-elle importante ?
Oui, plus que jamais.
En Aveyron, la BVD est recherchée lors des introductions selon deux méthodes complémentaires :
une recherche virologique par PCR ;
une recherche sérologique par prise de sang.
La PCR permet de rechercher directement la présence du virus chez l’animal introduit.
La sérologie permet de savoir si l’animal a déjà été en contact avec le virus ou vacciné. Il permet d’écarter des futures prophylaxies les animaux séropositifs.
Ces contrôles restent essentiels pour limiter le risque d’introduction de la BVD dans les troupeaux.
Pourquoi la sérologie à l’achat est-elle primordiale ?
La sérologie réalisée lors des achats permet d’améliorer l’interprétation des résultats lors des prophylaxies futures.
Les bovins déjà connus comme séropositifs à l’introduction pourront être identifiés et écartés de l’interprétation des sérologies réalisées ensuite dans le cadre du suivi du troupeau.
Cela permet :
D’écarter ces bovins lors des analyses sérologiques programmées en prophylaxie ;
d’améliorer la pertinence de la surveillance sérologique ;
et de mieux détecter une éventuelle circulation virale récente dans le cheptel.
Il est donc indispensable de ne pas négliger les contrôles BVD lors des achats.