Virus Shamonda-Europe : plusieurs foyers en Aveyron et premier cas de malformations congénitales chez les ovins en France

Le virus Shamonda-Europe poursuit sa progression en France et en Europe. Déjà détecté en Autriche, Allemagne, Belgique, France, Liechtenstein, Pays-Bas et Suisse, ce virus transmis par les moucherons (Culicoïdes) fait actuellement l’objet d’une surveillance renforcée.

Deux génotypes distincts ont été identifiés, sans pour autant que de variations cliniques ne soient objectivées à date (source : GDS France)

  • Shamonda Europe 1 dans la zone France, Suisse, sud-Allemangne
  • Shamonda-Europe 2 dans l’ouest de la France, Pays-Bas et nord de l’Allemagne

Une circulation toujours active en France et en Aveyron

Au 17 septembre 2026, des foyers bovins ont été confirmés dans 41 départements français, dont l’Aveyron. Plusieurs élevages aveyronnais ont déjà été concernés, témoignant de la circulation active du virus sur notre territoire.

Chez les bovins, les symptômes observés sont généralement :

  • fièvre ;
  • abattement ;
  • baisse d’appétit ;
  • diarrhée ;
  • diminution de la production laitière.

La plupart des animaux adultes récupèrent rapidement, mais les conséquences potentielles sur la reproduction restent sous surveillance.

Un point d’attention pour les élevages ovins

Un nouveau fait sanitaire attire aujourd’hui l’attention : le premier cas français de malformations congénitales associées au virus Shamonda a été confirmé dans un élevage ovin de l’Oise.

Des agneaux sont nés avec des malformations caractéristiques, notamment :

  • une arthrogrypose (raideur et déformation des membres) ;
  • une brachygnathie (mâchoire raccourcie).

La présence du virus a été confirmée par analyse PCR sur des prélèvements réalisés sur les agneaux concernés (encéphales).

Cette découverte rappelle les conséquences observées par le passé avec le virus de Schmallenberg, appartenant au même groupe viral. Elle souligne l’importance d’une vigilance accrue dans les élevages ovins, en particulier pendant les périodes de gestation.

Le GDS invite les éleveurs bovins et ovins à être particulièrement attentifs :

✅ aux avortements ;

✅ aux naissances d’agneaux/veaux présentant des malformations ;

✅ à toute anomalie observée sur les nouveau-nés.

En cas de doute, il est essentiel de contacter rapidement votre vétérinaire sanitaire afin de permettre la réalisation d’investigations et, si nécessaire, d’analyses complémentaires.

Le GDS reste mobilisé

La situation sanitaire continue d’évoluer et les connaissances sur ce virus s’enrichissent progressivement. Le GDS poursuivra son suivi de la situation et ne manquera pas de vous tenir informés des nouvelles données susceptibles d’impacter les élevages aveyronnais.

La vigilance de chacun est essentielle pour mieux comprendre la circulation du virus et ses conséquences potentielles sur les troupeaux.

Rappel situation FCO-3 :

Depuis le 1er juin 2026, 885 foyers de FCO de sérotype 3 ont été recensés en France, dont 67 en Aveyron. Nous rappelons que ce sérotype peut également provoquer des avortements. Il est donc essentiel de déclarer tout avortement observé dans votre élevage afin de réaliser les investigations nécessaires. Ces analyses permettent notamment de différencier une éventuelle infection par la FCO d’autres maladies émergentes, telles que le virus Shamonda-Europe.

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Les dernières actualités

Bovins

A compter du 1er octobre 2026, la zone régulée liée à la Maladie Hémorragique Épizootique (MHE) devrait connaître une évolution favorable avec une réduction progressive du nombre de communes concernées, sous réserve de l’absence de nouveaux foyers sur le territoire métropolitain.

Cette évolution s’inscrit dans le cadre de la réglementation européenne qui prévoit notamment qu’un foyer de MHE reste pris en compte pendant une durée de deux ans. Ainsi, au fur et à mesure que les foyers les plus anciens sortent de cette période réglementaire, certaines communes pourront être retirées de la zone régulée. La réduction du périmètre réglementé permettra un assouplissement progressif des mesures encadrant les mouvements d’animaux. Il est toutefois important de rappeler que cette évolution reste conditionnée à l’absence de nouveaux foyers de MHE. Toute nouvelle détection pourrait entraîner une révision des zones concernées.

Quelle situation pour l’Aveyron ?

Malgré l’évolution favorable annoncée au niveau national, l’Aveyron reste à ce jour intégralement concerné par la zone régulée MHE. En effet, plusieurs foyers ont été recensés dans le département en décembre 2024, ce qui maintient l’application des mesures réglementaires actuellement en vigueur.

Pour les éleveurs aveyronnais, aucun changement n’est donc à prévoir dans l’immédiat concernant les conditions de mouvements des animaux. Nous continuerons à vous tenir informés des évolutions réglementaires susceptibles d’impacter le département dans les prochains mois.

Des cartes actualisées à consulter régulièrement

Afin d’anticiper les évolutions à venir, le ministère de l’Agriculture met à disposition des cartes et listes de communes projetées pour les mois d’octobre, novembre et décembre 2026.

Nous invitons les éleveurs à consulter régulièrement ces informations afin de vérifier la situation de leur commune et les éventuelles incidences sur les mouvements d’animaux :

Équins

Virus Shamonda-Europe : une nouvelle fiche d’information dédiée à la filière équine est disponible

Depuis l’été 2026, un nouveau virus, dénommé Shamonda-Europe, circule chez les ruminants dans plusieurs pays européens, dont la France.
Récemment, en Suisse, ce virus a été détecté dans l’encéphale de deux chevaux présentant des troubles neurologiques. Il s’agit des premières détections de Shamonda-Europe chez l’espèce équine.

Pour rappel, plusieurs cas ont été détectés en Aveyron depuis une semaine dans des élevages de bovins.

Afin de répondre aux interrogations suscitées par cette situation sanitaire émergente, GDS France et la SNGTV ont élaboré une fiche d’information à destination de la filière équine.

Cette ressource rassemble les connaissances actuellement disponibles sur :
✅ le virus et ses modes de transmission ;
✅ les éléments connus concernant les équidés ;
✅ les principales mesures de surveillance et de vigilance à mettre en œuvre.

Un document pratique pour accompagner les détenteurs et les professionnels de la filière face à cette émergence sanitaire.

Bovins, Caprins, Ovins

Depuis le mois de juillet, plusieurs élevages de vaches laitières situés dans l’est de la France ont signalé des épisodes de diarrhée aiguë, accompagnés de fièvre, d’abattement et d’une baisse transitoire de la production laitière.

Le virus a été détecté par RT-PCR chez des bovins présentant ces symptômes, dans 13 départements : l’Ain, les Ardennes, le Calvados, le Cantal, la Côte-d’Or, le Doubs, le Jura, la Haute-Loire, le Puy-de-Dôme, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, la Savoie et la Haute-Savoie. Source : ENVT, 17/08/2026.

Les investigations menées par l’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT) ont mis en évidence la présence d’un virus Shamonda (SHAV), appartenant à la famille des Orthobunyavirus, proche du virus responsable de la maladie de Schmallenberg.

Des situations comparables ont également été rapportées en Allemagne (Bade-Wurtemberg et Bavière) ainsi qu’en Suisse et récemment aux Pays-Bas

La situation demeure évolutive et les investigations se poursuivent afin de mieux comprendre ce nouveau virus, son origine et ses impacts.

Comment se manifeste la maladie ?

Les signes cliniques actuellement observés chez les bovins sont principalement :

  • une diarrhée aiguë ;
  • un épisode précoce de fièvre, généralement bref et transitoire ;
  • un abattement et/ou une baisse d’activité digestive, notamment une diminution de la rumination
  • une diminution parfois importante de la production laitière.

La maladie semble également pouvoir s’accompagner d’avortements, précoces ou tardifs.

À ce stade, l’impact clinique observé est faible. Toutefois, celui-ci pourrait être plus significatif dans les prochains mois chez les vaches infectées au cours de la gestation.

La question d’un éventuel impact chez les petits ruminants reste également à surveiller. Le virus pourrait les concerner, mais les investigations se poursuivent et il n’est pas possible, à ce stade, de préciser ses éventuels effets chez les ovins et les caprins.

Un virus proche de Shamonda et de Schmallenberg

Le nouveau virus identifié appartient au genre Orthobunyavirus et est proche du virus Shamonda. Le virus Shamonda appartient au groupe Simbu, qui comprend également le virus Schmallenberg. En l’absence de mise en évidence des agents pathogènes habituellement recherchés, les analyses réalisées ont permis de mettre en évidence ce nouveau virus. Les investigations se poursuivent afin de comprendre l’origine et les impacts du virus identifié.

Transmission

Comme les autres virus du groupe Simbu, ce virus se transmet vraisemblablement de façon vectorielle par des moucherons piqueurs du genre Culicoides. Ces insectes sont également les vecteurs de la FCO et de la MHE.

Quelle conduite tenir ?

Cette maladie n’est actuellement pas réglementée aux niveaux français, européen et international. Elle ne donne donc pas lieu, à ce jour, à des mesures de gestion sanitaire obligatoires ou à des restrictions de mouvements des animaux. Aucune mesure de police sanitaire n’est prévue à date.

En cas de signes cliniques de ce type dans votre élevage, rapprochez-vous de votre vétérinaire. Il pourra vous conseiller, déterminer la cause et apporter les soins adaptés aux animaux malades, notamment un traitement symptomatique.

Il est également recommandé de surveiller les femelles gestantes et les naissances dans les mois à venir.

Des avortements ont déjà été observés dans les zones infectées. Une infection pendant la gestation pourrait, dans certaines circonstances, entraîner des malformations congénitales chez les veaux, agneaux ou chevreaux, de façon différée, plusieurs mois après l’infection, comme cela est décrit avec le virus Schmallenberg.

Et pour les éleveurs de petits ruminants ?

À ce jour, les cas décrits concernent les bovins. Un éventuel impact chez les petits ruminants reste à déterminer. Il est donc important de rester attentif à l’évolution de la situation, sans tirer de conclusions à ce stade sur les conséquences éventuelles pour les ovins et les caprins.

Pas de risque identifié pour l’homme

À ce jour, comme pour les autres virus du même groupe, rien n’indique que ce virus soit transmissible à l’homme. Aucun danger n’a été identifié pour la consommation de lait ou de viande par les consommateurs.

Rappel concernant les avortements

La déclaration des avortements est obligatoire dans le cadre de la surveillance de la brucellose. Elle constitue également une opportunité de rechercher leur origine. Votre vétérinaire pourra mettre en œuvre un diagnostic différentiel afin d’identifier la cause.

La situation étant évolutive, les connaissances sur ce nouveau virus sont susceptibles d’évoluer dans les prochains mois. Les investigations se poursuivent afin de mieux comprendre son impact chez les animaux concernés.

Groupement de défense sanitaire de l’Aveyron. Actions sanitaires, formations des éleveurs, prévention.