Eau, sel, fibres : toujours indispensables

Le thème « Eau, sel, fibres » était à l’ordre du jour lors des portes ouvertes de notre filiale FARAGO Aveyron. C’était l’occasion de reparler de ces fondamentaux. Les équipes du GDS Aveyron restent à votre disposition pour toute information complémentaire.

La santé du rumen dépend très fortement de l’ingestion, en quantité et en qualité, de fibres, d’eau et de sel. La mauvaise santé du rumen entraine une mauvaise valorisation des aliments ingérés et donc une diminution des performances attendues  telles que diminution de la production laitière, de viande, de la qualité colostrale et du transfert immunitaire, impact sur la reproduction… Ils sont la base de la ration et la source la moins coûteuse d’énergie pour une performance économique des élevages.

Les fibres pour un modèle de digestion particulier

 Les fibres dans une ration stimulent la rumination et la salivation des animaux. Les substances tampons contenues dans la salive (eau, mucus, urée, minéraux et bicarbonate) permettent de lutter contre la baisse du pH du rumen. La salive joue ainsi un rôle de stabilisateur pour un pH ruminal autour de 6 – 6,8.

Les fibres doivent donc être disponibles toute la journée avec une fibrosité suffisante afin d’avoir une action mécanique au sein du rumen et du piquant en entrée de bouche. Le rumen va ensuite débuter la dégradation de la ration et de la cellulose, grâce à sa flore, et en particulier la digestion des fibres des fourrages. Les fibres vont également réguler la vitesse de transit et ainsi permettre une bonne valorisation de la ration.

Quelques observations pour vérifier la fibrosité des fourrages

On peut ainsi observer les bouses, le remplissage du rumen ou compter les coups de mastication pour vérifier la fibrosité des fourrages. Effectuer des analyses de fourrages est aussi essentiel pour vérifier que la ration fournie correspond aux besoins de ses animaux. On sera particulièrement attentif à la digestibilité de cette fibre et à son apport en énergie/protéines. Par ailleurs, on sera vigilant sur l’accessibilité des animaux aux fibres au regard de la concurrence entre les animaux, aux modalités de distribution (avant les concentrés) ou à la hauteur des râteliers par exemple. En cas de manque de fibres dans la ration, il est important de réagir rapidement avant que les animaux ne développent des maladies métaboliques comme l’acidose. Dans ce cas, il s’agira d’apporter des fibres complémentaires ou de diminuer les aliments acidogènes (exemple : limiter l’accès à l’herbe d’automne pour augmenter la consommation de foin).

Le sel chez les ruminants… à tous les animaux, toute l’année !

La carence en sodium est la plus courante et la plus répandue des insuffisances minérales dans le monde et en France. Pourtant, en profitant de l’appétit spécifique des ruminants pour le sel, l’apport en sodium est facilement réalisable et peu onéreux.

En effet, l’herbe, les fourrages, la plupart des graines et des concentrés protéiques ne contiennent pas suffisamment de sodium pour satisfaire les besoins des ruminants. Le sodium se trouve dans le lait mais à partir du moment où nos ruminants commencent à diversifier leur alimentation, l’apport en sel devient nécessaire.

Un rôle important dans l’alimentation animale

Le sel (chlorure de sodium) permet d’augmenter l’abreuvement et régule l’équilibre acido-basique afin de maintenir le pH ruminal. Il participe aussi aux échanges aqueux et à la valorisation des éléments nutritifs. Une insuffisance en sodium diminue l’utilisation de l’énergie et des protéines et l’absorption des vitamines hydrosolubles.

Le pica, ou léchage systématique, est le 1er signe de la carence en sodium, avec une expression d’abord chez le veau. Les animaux lèchent les murs, les séparations métalliques, les bois, sont attirés par les urines. Une déficience prolongée peut entraîner une aggravation des diarrhées néonatales ou une baisse de production.

Pierres à lécher ou sel paillette

L’appétence des blocs ou seaux à lécher dépend de la teneur en sel, le goût salé attirant les animaux et permettant une distribution en libre-service. Cependant, il est impératif de vérifier que les pierres de sel se composent de sel pur ; elles doivent contenir au minimum 70 à 80 % de sel pour entraîner chez le ruminant une autorégulation de consommation. Nous recommandons de distribuer du sel de mer enrichi en oligo-éléments, iode et sélénium, déficitaires dans nos territoires et nécessaires au bon fonctionnement immunitaire des animaux. L’apport peut aussi se réaliser sous forme de sel vrac. Les besoins vont varier en fonction de l’âge des animaux, de leur alimentation ou de leur niveau de production. L’apport recommandé est de 30-40g par jour pour une vache allaitante et de 10g par jour pour une brebis en lactation. Mais rappelons que tous les animaux, toute l’année, doivent avoir à disposition une complémentation en sel permettant de couvrir leurs besoins. Les jeunes veaux, agneaux, chevreaux ont également besoin d’avoir un accès à du sel. De même les animaux au pré doivent y avoir accès. Le sel est le seul minéral que les ruminants ont la sagesse nutritionnelle de consommer régulièrement pour satisfaire leurs besoins mais pour cela il leur en faut toujours à disposition.

L’eau en quantité et en qualité

Facteur de santé animale et de productivité, l’apport en eau est le dernier fondamental à vérifier. Les bovins en consomment de 5 à plus de 150 L par jour en fonction de leur âge, de leur niveau de production, de la nature de leur ration ou de la température ambiante. Une brebis laitière en consomme, elle, 10 à 12 litres par jour en conditions hivernales. Un accès satisfaisant à une eau de qualité est essentiel à la santé animale et à la productivité d’un élevage : fonctionnement du rumen, lactation, prise alimentaire en dépendent. Si l’organisme peut supporter un apport insuffisant en éléments nutritifs, il ne survit que quelques jours en l’absence d’eau, le renouvellement journalier de l’eau étant de 5 à 10% du poids vif. De ce fait, la quantité et la qualité de l’eau dans les élevages sont deux points à scruter particulièrement.

Le comportement d’abreuvement : un élément important pour comprendre comment répondre à leurs besoins

Les ruminants sont des animaux prédatés qui consacrent peu de temps à s’abreuver d’autant plus si l’accès est limité, éloigné ou ne répond pas à leurs besoins. Idéalement, un bovin ne doit pas parcourir plus de 15 à 20 m à l’étable et 100 à 200 m au pré pour trouver un point d’eau. La majeure partie de l’abreuvement a lieu durant la journée particulièrement au moment de la prise alimentaire et après le passage en salle de traite. Retenons que les ruminants sont des animaux de groupe et qu’ils boivent de façon simultanée. Or, une vache, une brebis ou une chèvre ne doivent pas attendre pour boire. Car un point important est à retenir : les animaux ne compenseront pas en fréquence de prise d’eau l’insuffisance de la buvée. Le rôle de l’éleveur sera donc de proposer aux animaux d’élevage un système correspondant à leur comportement et qui répond à leurs besoins physiologiques.

Les points clés à retenir sur l’eau

  1. Installer des abreuvoirs de façon homogène dans tout le bâtiment.
  2. Permettre un accès facile et dégagé pour un abreuvement aisé et une bonne circulation dans le bâtiment. Aussi faut-il prévoir un dégagement de 3,6 m voir 4 m si on compte la largeur de l’abreuvoir derrière un abreuvoir de bovins.
  3. Disposer des abreuvoirs adaptés à leur période d’abreuvement :
  • en sortie de traite,
  • en parc de vêlage et en case d’agnelage tout au long de la journée, période de début de lactation et correspondant à un pic de besoin en eau des mamans.
  • au pré, même si les animaux rentrent le soir en bâtiment.
  • sur les jeunes également. Celle-ci est indispensable dès que le jeune consomme de l’aliment solide, dès 2 semaines de vie. Retenons qu’un veau, à l’âge de 1 à 5 semaines consomme jusqu’à 10 L/j ou 5 L/kg de concentré, lait inclus. Après sevrage il consomme jusqu’à 10 à 20 L/j.
  1. Mettre à disposition un nombre suffisant d’abreuvoirs en retenant de proposer 2 abreuvoirs par lot. Pour les bovins, prévoir 1 abreuvoir individuel constant pour 10 bovins adultes ou 10 cm/vache en cas d’abreuvoir linéaire. Pour les brebis, prévoir un abreuvoir individuel à niveau constant pour 30 laitières ou 3 cm/brebis.
  2. Mettre à disposition des abreuvoirs préférentiellement à niveau constant, de la naissance à la mort. Les abreuvoirs à niveaux constants ont une réserve qui permet de satisfaire plus aisément le comportement d’abreuvement. Les débits de buvée recommandés sont ainsi plus faciles à atteindre. L’état d’hydratation des animaux est plus satisfaisant avec ces systèmes.
  3. Veiller à la hauteur des abreuvoirs pour que mères et jeunes y ait accès.
  4. Mettre à disposition des abreuvoirs propres. Un nettoyage régulier des abreuvoirs est indispensable. Si de la paille est visible en surface, l’abreuvoir est considéré comme propre et cette paille liée à une activité normale du cheptel de la journée. En cas de constat de biofilm visqueux ou de paille au fond de l’abreuvoir, il est conseillé de le nettoyer.
  5. Veiller à fournir une eau de bonne qualité physico-chimique et bactériologique. Les pré-ruminants sont plus fragiles du fait de l’absence de l’effet tampon du rumen. Il est conseillé de réaliser des analyses d’eau en routine, au moins une fois par an, même sur l’eau de réseau et de mettre en place, si besoin, les corrections nécessaires (nettoyage des canalisations, sécurisation du captage, traitements de l’eau).
  6. Vérifier l’absence de courants parasites et veiller à la température de l’eau idéalement autour de 10-15°C.
  7. Enfin, mesurer l’état d’hydratation des animaux (pli de peau, urines) pour vérifier que les apports sont suffisants.

La flore ruminale est ainsi la base du fonctionnement digestif des ruminants. De sa stabilité dépend l’efficience alimentaire. Les 3 composants « fibres, sel, eau » jouent un rôle clé pour cela. Une bonne fibrosité associée à de l’eau en quantité et en qualité et à un apport en sel suffisant permettent ainsi de poser une base adéquate favorable à une bonne santé et productivité de nos animaux.

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Les dernières actualités

Bovins, Ovins

Le virus Shamonda-Europe poursuit sa progression en France et en Europe. Déjà détecté en Autriche, Allemagne, Belgique, France, Liechtenstein, Pays-Bas et Suisse, ce virus transmis par les moucherons (Culicoïdes) fait actuellement l’objet d’une surveillance renforcée.

Deux génotypes distincts ont été identifiés, sans pour autant que de variations cliniques ne soient objectivées à date (source : GDS France)

  • Shamonda Europe 1 dans la zone France, Suisse, sud-Allemangne
  • Shamonda-Europe 2 dans l’ouest de la France, Pays-Bas et nord de l’Allemagne

Une circulation toujours active en France et en Aveyron

Au 17 septembre 2026, des foyers bovins ont été confirmés dans 41 départements français, dont l’Aveyron. Plusieurs élevages aveyronnais ont déjà été concernés, témoignant de la circulation active du virus sur notre territoire.

Chez les bovins, les symptômes observés sont généralement :

  • fièvre ;
  • abattement ;
  • baisse d’appétit ;
  • diarrhée ;
  • diminution de la production laitière.

La plupart des animaux adultes récupèrent rapidement, mais les conséquences potentielles sur la reproduction restent sous surveillance.

Un point d’attention pour les élevages ovins

Un nouveau fait sanitaire attire aujourd’hui l’attention : le premier cas français de malformations congénitales associées au virus Shamonda a été confirmé dans un élevage ovin de l’Oise.

Des agneaux sont nés avec des malformations caractéristiques, notamment :

  • une arthrogrypose (raideur et déformation des membres) ;
  • une brachygnathie (mâchoire raccourcie).

La présence du virus a été confirmée par analyse PCR sur des prélèvements réalisés sur les agneaux concernés (encéphales).

Cette découverte rappelle les conséquences observées par le passé avec le virus de Schmallenberg, appartenant au même groupe viral. Elle souligne l’importance d’une vigilance accrue dans les élevages ovins, en particulier pendant les périodes de gestation.

Le GDS invite les éleveurs bovins et ovins à être particulièrement attentifs :

✅ aux avortements ;

✅ aux naissances d’agneaux/veaux présentant des malformations ;

✅ à toute anomalie observée sur les nouveau-nés.

En cas de doute, il est essentiel de contacter rapidement votre vétérinaire sanitaire afin de permettre la réalisation d’investigations et, si nécessaire, d’analyses complémentaires.

Le GDS reste mobilisé

La situation sanitaire continue d’évoluer et les connaissances sur ce virus s’enrichissent progressivement. Le GDS poursuivra son suivi de la situation et ne manquera pas de vous tenir informés des nouvelles données susceptibles d’impacter les élevages aveyronnais.

La vigilance de chacun est essentielle pour mieux comprendre la circulation du virus et ses conséquences potentielles sur les troupeaux.

Rappel situation FCO-3 :

Depuis le 1er juin 2026, 885 foyers de FCO de sérotype 3 ont été recensés en France, dont 67 en Aveyron. Nous rappelons que ce sérotype peut également provoquer des avortements. Il est donc essentiel de déclarer tout avortement observé dans votre élevage afin de réaliser les investigations nécessaires. Ces analyses permettent notamment de différencier une éventuelle infection par la FCO d’autres maladies émergentes, telles que le virus Shamonda-Europe.

Bovins

A compter du 1er octobre 2026, la zone régulée liée à la Maladie Hémorragique Épizootique (MHE) devrait connaître une évolution favorable avec une réduction progressive du nombre de communes concernées, sous réserve de l’absence de nouveaux foyers sur le territoire métropolitain.

Cette évolution s’inscrit dans le cadre de la réglementation européenne qui prévoit notamment qu’un foyer de MHE reste pris en compte pendant une durée de deux ans. Ainsi, au fur et à mesure que les foyers les plus anciens sortent de cette période réglementaire, certaines communes pourront être retirées de la zone régulée. La réduction du périmètre réglementé permettra un assouplissement progressif des mesures encadrant les mouvements d’animaux. Il est toutefois important de rappeler que cette évolution reste conditionnée à l’absence de nouveaux foyers de MHE. Toute nouvelle détection pourrait entraîner une révision des zones concernées.

Quelle situation pour l’Aveyron ?

Malgré l’évolution favorable annoncée au niveau national, l’Aveyron reste à ce jour intégralement concerné par la zone régulée MHE. En effet, plusieurs foyers ont été recensés dans le département en décembre 2024, ce qui maintient l’application des mesures réglementaires actuellement en vigueur.

Pour les éleveurs aveyronnais, aucun changement n’est donc à prévoir dans l’immédiat concernant les conditions de mouvements des animaux. Nous continuerons à vous tenir informés des évolutions réglementaires susceptibles d’impacter le département dans les prochains mois.

Des cartes actualisées à consulter régulièrement

Afin d’anticiper les évolutions à venir, le ministère de l’Agriculture met à disposition des cartes et listes de communes projetées pour les mois d’octobre, novembre et décembre 2026.

Nous invitons les éleveurs à consulter régulièrement ces informations afin de vérifier la situation de leur commune et les éventuelles incidences sur les mouvements d’animaux :

Équins

Virus Shamonda-Europe : une nouvelle fiche d’information dédiée à la filière équine est disponible

Depuis l’été 2026, un nouveau virus, dénommé Shamonda-Europe, circule chez les ruminants dans plusieurs pays européens, dont la France.
Récemment, en Suisse, ce virus a été détecté dans l’encéphale de deux chevaux présentant des troubles neurologiques. Il s’agit des premières détections de Shamonda-Europe chez l’espèce équine.

Pour rappel, plusieurs cas ont été détectés en Aveyron depuis une semaine dans des élevages de bovins.

Afin de répondre aux interrogations suscitées par cette situation sanitaire émergente, GDS France et la SNGTV ont élaboré une fiche d’information à destination de la filière équine.

Cette ressource rassemble les connaissances actuellement disponibles sur :
✅ le virus et ses modes de transmission ;
✅ les éléments connus concernant les équidés ;
✅ les principales mesures de surveillance et de vigilance à mettre en œuvre.

Un document pratique pour accompagner les détenteurs et les professionnels de la filière face à cette émergence sanitaire.

Groupement de défense sanitaire de l’Aveyron. Actions sanitaires, formations des éleveurs, prévention.