Études et Recherches : projet en cours en petits ruminants

FODSA – GDS Aveyron participe à plusieurs projets de recherche en petits ruminants. Avec l’Idèle, Agno Interpro, l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse et les engraisseurs volontaires, elle a mené le projet MaiSage (Maîtrise de la santé des agneaux en atelier d’engraissement). Face à la nouvelle réglementation sur les aliments médicamenteux (arrêt de l’administration d’antibiotiques en préventif et durcissement des règles de prescription d’antimicrobiens dans les aliments médicamenteux), la mortalité a fortement augmenté dans les ateliers d’engraissement. «Le projet a permis de mesurer les impacts technico-économiques des changements de pratiques dus à cette règlementation», a expliqué Céline Pouget. «Et d’aider les professionnels à établir les bonnes pratiques pour améliorer la maîtrise sanitaire de leur atelier. Des audits ont été menés chez les en-graisseurs sur 9 sites, nous les remercions pour leur participation. De nos échanges a découlé l’édition, d’un guide ciblant 13 thématiques, proposant des mesures de gestion et d’amélioration», poursuit-elle. En parallèle, la réflexion s’est poursuivie sur l’alimentation et l’abreuvement à travers une enquête chez les engraisseurs, pour relever leurs pratiques et étudier le possible lien avec les performances de croissance et la mortalité. Les résultats seront diffusés au printemps.

Avortements : la recherche avance

Le travail sur le diagnostic des avortements en ovin et caprin se pour-suit. Depuis 2015, le dispositif national Oscar dans lequel l’Aveyron est fortement impliqué, optimise la surveillance des causes d’avortement en vue d’augmenter les chances d’élucidation. Des boîtes contenant un kit de diagnostic de 1ère intention sont à disposition des éleveurs ovins et caprins confrontés à des séries d’avortements (3 en 7 jours). Trois maladies dites de 1ère intention sont recherchées : Fièvre Q, toxoplasmose, Chlamydiose. Depuis 2023/2024, des agents pathogènes dits de 2ème intention sont intégrés dans le département à cette recherche grâce à l’outil PCR digitale, mis au point par Aveyron Labo, «Rum’avort». Depuis cette année, cet outil est en routine dans le département. Le premier bilan partiel, à début décembre, montre que sur 105 élevages ovins inclus avec la nouvelle PCR digitale et un diagnostic à 8 recherches de pathogènes, 62% ont une cause possible. Et sur 17 élevages caprins 71% ont une cause possible. En lien avec l’ENVT, les projets en cours portent sur l’émergence de nouveaux pathogènes, l’efficacité et la performance de l’antibiothérapie, la préservation de l’arsenal thérapeutique et comment agir sur les voies et sources de transmission. Concernant les avortements précoces des agnelles, un agent pathogène particulier a été identifié pour l’heure pas connu en ruminants et très peu documenté. Malgré plusieurs échecs des essais, le travail continue avec l’ENVT, pour démontrer le rôle causal de cet agent pathogène lors d’infection expérimentale d’agnelles. «La priorité n°1 est de savoir cultiver le virus. Ce qui est très complexe mais les essais se poursuivent», résume Céline Pouget.

Adénocarcinome : qu’est-ce que c’est ?

L’adénocarcinome pulmonaire ovin (ou adénomatose pulmonaire ovine) est un virus responsable du développement d’une tumeur contagieuse du poumon des moutons. Elle affecte les adultes jeunes (1-4 ans) mais peut toucher des agneaux de 3 mois. Elle se traduit par de l’essoufflement, un amaigrissement, des troubles respiratoires et évolue entre 6 semaines et 6 mois. La source de virus est l’introduction de reproducteurs et la transmission se fait par voie aérienne (toux, écoulement liquide de jetage, contact entre animaux, confinement). Il existe d’autres voies de contamination (passage in utero et périnatal, colostrum et lait, voie sexuelle). A ce jour le diagnostic n’est pas possible sur animal vivant. Les échographies ne sont pas suffisantes, seule l’autopsie le peut. Il n’y a pas non plus de moyen de lutte (pas de détection sérologique ni de vaccin). Le contrôle de cette maladie repose essentiellement sur la détection d’animaux atteints et leur élimination du troupeau. «Mais la recherche avance !», souligne Céline Pouget. L’INRAe déploie de nouveaux tests PCR pour détecter le virus par exemple. Un réseau de recherches «solide» est en place autour de l’INRAe de Lyon, l’ENVT, Races de France et la FNO, les GDS, GTV et Aveyron Labo, l’OS Lacaune et les entreprises de sélection… Ensemble ils relancent un projet sur 3 ans dans 2 cheptels avec de la clinique. «Nous espérons démarrer en 2026 grâce aux financements», avance Céline Pouget.

Pour finir, les petits ruminants sont inclus dans PASSAGE pour «Préventif et Agroécologique, un Suivi Sanitaire basé sur une Approche Globale de l’Elevage» qui tend à uniformiser et démultiplier l’Approche Sanitaire Globale en Occitanie. Parmi les 30 fermes pilotes, un élevage ovin lait et un caprin en Aveyron ont été recrutés.

Article de la Volonté Paysanne du 26/12/2025 – Eva DZ

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Bovins, Caprins, Ovins

Depuis le mois de juillet, plusieurs élevages de vaches laitières situés dans l’est de la France ont signalé des épisodes de diarrhée aiguë, accompagnés de fièvre, d’abattement et d’une baisse transitoire de la production laitière.

Le virus a été détecté par RT-PCR chez des bovins présentant ces symptômes, dans 13 départements : l’Ain, les Ardennes, le Calvados, le Cantal, la Côte-d’Or, le Doubs, le Jura, la Haute-Loire, le Puy-de-Dôme, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, la Savoie et la Haute-Savoie. Source : ENVT, 17/08/2026.

Les investigations menées par l’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT) ont mis en évidence la présence d’un virus Shamonda (SHAV), appartenant à la famille des Orthobunyavirus, proche du virus responsable de la maladie de Schmallenberg.

Des situations comparables ont également été rapportées en Allemagne (Bade-Wurtemberg et Bavière) ainsi qu’en Suisse et récemment aux Pays-Bas

La situation demeure évolutive et les investigations se poursuivent afin de mieux comprendre ce nouveau virus, son origine et ses impacts.

Comment se manifeste la maladie ?

Les signes cliniques actuellement observés chez les bovins sont principalement :

  • une diarrhée aiguë ;
  • un épisode précoce de fièvre, généralement bref et transitoire ;
  • un abattement et/ou une baisse d’activité digestive, notamment une diminution de la rumination
  • une diminution parfois importante de la production laitière.

La maladie semble également pouvoir s’accompagner d’avortements, précoces ou tardifs.

À ce stade, l’impact clinique observé est faible. Toutefois, celui-ci pourrait être plus significatif dans les prochains mois chez les vaches infectées au cours de la gestation.

La question d’un éventuel impact chez les petits ruminants reste également à surveiller. Le virus pourrait les concerner, mais les investigations se poursuivent et il n’est pas possible, à ce stade, de préciser ses éventuels effets chez les ovins et les caprins.

Un virus proche de Shamonda et de Schmallenberg

Le nouveau virus identifié appartient au genre Orthobunyavirus et est proche du virus Shamonda. Le virus Shamonda appartient au groupe Simbu, qui comprend également le virus Schmallenberg. En l’absence de mise en évidence des agents pathogènes habituellement recherchés, les analyses réalisées ont permis de mettre en évidence ce nouveau virus. Les investigations se poursuivent afin de comprendre l’origine et les impacts du virus identifié.

Transmission

Comme les autres virus du groupe Simbu, ce virus se transmet vraisemblablement de façon vectorielle par des moucherons piqueurs du genre Culicoides. Ces insectes sont également les vecteurs de la FCO et de la MHE.

Quelle conduite tenir ?

Cette maladie n’est actuellement pas réglementée aux niveaux français, européen et international. Elle ne donne donc pas lieu, à ce jour, à des mesures de gestion sanitaire obligatoires ou à des restrictions de mouvements des animaux. Aucune mesure de police sanitaire n’est prévue à date.

En cas de signes cliniques de ce type dans votre élevage, rapprochez-vous de votre vétérinaire. Il pourra vous conseiller, déterminer la cause et apporter les soins adaptés aux animaux malades, notamment un traitement symptomatique.

Il est également recommandé de surveiller les femelles gestantes et les naissances dans les mois à venir.

Des avortements ont déjà été observés dans les zones infectées. Une infection pendant la gestation pourrait, dans certaines circonstances, entraîner des malformations congénitales chez les veaux, agneaux ou chevreaux, de façon différée, plusieurs mois après l’infection, comme cela est décrit avec le virus Schmallenberg.

Et pour les éleveurs de petits ruminants ?

À ce jour, les cas décrits concernent les bovins. Un éventuel impact chez les petits ruminants reste à déterminer. Il est donc important de rester attentif à l’évolution de la situation, sans tirer de conclusions à ce stade sur les conséquences éventuelles pour les ovins et les caprins.

Pas de risque identifié pour l’homme

À ce jour, comme pour les autres virus du même groupe, rien n’indique que ce virus soit transmissible à l’homme. Aucun danger n’a été identifié pour la consommation de lait ou de viande par les consommateurs.

Rappel concernant les avortements

La déclaration des avortements est obligatoire dans le cadre de la surveillance de la brucellose. Elle constitue également une opportunité de rechercher leur origine. Votre vétérinaire pourra mettre en œuvre un diagnostic différentiel afin d’identifier la cause.

La situation étant évolutive, les connaissances sur ce nouveau virus sont susceptibles d’évoluer dans les prochains mois. Les investigations se poursuivent afin de mieux comprendre son impact chez les animaux concernés.

Bovins, Caprins, Ovins

Que ce soit dans le conseil aux éleveurs comme dans la proposition de matériels et équipements adaptés, FODSA GDS Aveyron et sa filiale FARAGO Aveyron, mettent un point d’honneur à conduire les élevages vers une meilleure santé. Cette stratégie se traduit concrètement dans l’Approche Sanitaire Globale.

Céline Vuillefroy-Pouget, vétérinaire conseil à FODSA GDS Aveyron et Christophe Cambon, de FARAGO Aveyron travaillent en complémentarité autour de l’Approche Sanitaire Globale. Ils en donnent un exemple sur les trois fondamentaux de la bonne santé d’un troupeau : eau, sel, fibres.

«En bovins comme en petits ruminants, les marges de progrès sont réelles si l’on respecte bien le triptyque eau-sel-fibres ! Nous avons besoin de références pour étayer notre conseil», introduit Céline Vuillefroy-Pouget. Ainsi, la thèse menée par une étudiante de l’école vétérinaire de Maisons Alfort auprès de 35 élevages ovins lait pour mesurer la quantité et la qualité d’eau disponible pour les animaux pendant l’hiver, a permis d’aboutir à l’élaboration de 10 points clés à retenir sur l’eau dans un élevage. «Et à partir de ce travail de terrain, nous avons adapté notre conseil sur l’accès à l’eau dans les bâtiments, les types d’abreuvoirs», complète Christophe Cambon, qui a effectué les recherches pour trouver l’équipement «idéal». «Le choix du produit est important et plusieurs critères entrent en jeu pour qu’il remplisse pleinement son rôle : le débit d’eau, la quantité d’eau stockée,  la  facilité  d’entretien pour une bonne qualité d’eau… Le conseil s’adapte à chaque production, bovins, ovins, caprins, au nombre d’animaux, à la pression et au débit d’eau…», détaille le technicien.

«Il faut retenir que plus l’eau est disponible, plus le ruminant ira boire et si l’eau n’est pas disponible au moment, le ruminant ne retournera pas boire plus tard, il puisera dans ses réserves. Le système d’abreuvement doit être adapté au fonctionnement physiologique des ruminants», complète Céline Vuillefroy-Pouget. A cela s’ajoute la prise en compte de l’évolution des bâtiments d’élevage, des avancées techniques des éleveurs ainsi que du progrès génétique des races.

«L’eau ne doit pas être la dernière roue du carrosse dans l’aménagement d’un bâtiment. Mais pour autant il n’est pas nécessaire de tout changer», rassurent les deux spécialistes. «Souvent on commence par s’équiper d’un abreuvoir pour tester, puis on démultiplie en fonction des besoins», avance Christophe Cambon. Et des formations autour de l’abreuvement sont également proposées par le GDS Aveyron pour sensibiliser les éleveurs. A cela s’ajoute aussi, la possibilité de réaliser des analyses de l’eau : «Nous avons chez FARAGO Aveyron, un service spécialisé sur les analyses et le traitement de l’eau», complète-t-il.

Sur la question du sel, là aussi on fait preuve de complémentarité dans la maison FODSA. «Le sel, c’est ce qui stimule les animaux à boire et leur besoin en eau est important. Il en faut tous les jours, dedans et dehors !», rappelle  Céline  Vuillefroy-Pouget.

«Des observations ont prouvé que la consommation élevée de sel chez les ruminants, en particulier en brebis laitières, participe à la durabilité des animaux. De même dans le cadre des travaux menés sur le cycle d’engraissement des agneaux, la disponibilité du sel, de l’eau et des fibres sont des points essentiels de notre guide des bonnes pratiques élaboré en partenariat avec les ateliers spécialisés et l’Idèle».

«Dans notre proposition de produit, nous prenons en compte un certain nombre de points d’attention. Nous demandons à notre fournisseur, un sel de mer complémenté en iode et sélénium bien plus bénéfique qu’une pierre de sel, issu de carrière, car il renforce l’immunité des animaux», conseille Christophe Cambon.

Dans les bâtiments comme au pâturage : «Avec les étés plus chauds, les besoins des animaux évoluent. Quand la température double, le besoin en eau double également. Et si les animaux n’ont pas accès à l’eau, ils survivent», alerte Céline Vuillefroy-Pouget.

«A nous de trouver les solutions techniques  qui  répondent  aux attentes des éleveurs», complète Christophe Cambon. «Chaque préconisation doit s’adapter aux situations d’élevage», concluent les deux intervenants, invitant les éleveurs à se rapprocher du service sanitaire du GDS Aveyron ou du magasin de Farago Aveyron ou à participer aux formations proposées par le GDS Aveyron aux éleveurs bovins et petits ruminants du département.

Dix points clés sur l’abreuvement

  1. Installer des abreuvoirs de façon homogène dans tout le bâtiment.
  2. Permettre un accès facile et dégagé pour un abreuvement aisé et une bonne circulation dans le bâtiment.
  3. Disposer des abreuvoirs adaptés à la période d’abreuvement (sortie de traite, parc de vêlage et case d’agnelage, au pré).
  4. Mettre à disposition un nombre suffisant d’abreuvoirs (2 par lot). Pour les bovins : 1 abreuvoir individuel constant pour 10 bovins adultes ou 10 cm/vache en cas d’abreuvoir linéaire. Pour les brebis : 1 abreuvoir individuel à niveau constant pour 30 laitières ou 3 cm/brebis.
  5. Mettre à disposition des abreuvoirs préférentiellement à niveau constant, de la naissance à la mort.
  6. Veiller à la hauteur des abreuvoirs (accès animaux adultes et jeunes).
  7. Mettre à disposition des abreuvoirs propres. Si de la paille est visible en surface, l’abreuvoir est considéré propre.
  8. Veiller à fournir une eau de bonne qualité physico-chimique et bactériologique. Il est conseillé de réaliser des analyses d’eau en routine, au moins une fois par an, même sur l’eau de réseau.
  9. Vérifier l’absence de courants parasites et veiller à la température de l’eau idéalement autour de 10-15°C.
  10. Mesurer l’état d’hydratation des animaux (pli de peau, urines) pour vérifier que les apports sont suffisants.

Eva DZ – La Volonté Paysanne du 26 mars 2025

Bovins, Caprins, Ovins

Plusieurs foyers de Fièvre Catarrhale Ovine (FCO) sérotype 3 ont été confirmés ces derniers jours dans notre département. À ce stade, les élevages concernés sont des élevages ovins. Dans un contexte de reprise de la circulation du virus, les éleveurs bovins, ovins et caprins sont appelés à renforcer leur vigilance et à poursuivre la vaccination de leurs animaux.

Une circulation du virus qui s’intensifie

Au niveau national, une reprise de la circulation du sérotype 3 est observée dans le sud-ouest de la France, une zone jusqu’alors épargnée par ce sérotype depuis son apparition en France en 2024.

Depuis le 1er juin 2026, 97 foyers de FCO-3 ont été recensés en France, dont 56 dans les Pyrénées-Atlantiques, 21 dans le Lot, 8 dans les Hautes-Pyrénées, 6 dans le Tarn, 5 dans l’Aveyron et 1 dans les Landes. La carte de la situation nationale est mise à jour chaque fin de semaine sur le site du ministère de l’Agriculture : https://agriculture.gouv.fr/la-situation-de-la-fievre-catarrhale-ovine-fco-en-france

Cette reprise intervient plus tôt que les années précédentes, ce qui laisse présager une période d’activité du virus plus longue et justifie une vigilance renforcée dès à présent.

Soyez attentifs aux signes cliniques

Les vétérinaires du département ont été informés de l’évolution de la situation sanitaire.

Si vous observez des signes évocateurs de la maladie (fièvre, abattement, lésions buccales, boiteries, œdèmes, baisse de production…), contactez sans attendre votre vétérinaire sanitaire.

Nous rappelons que, dans le cadre de la surveillance de la FCO, la visite du vétérinaire ainsi que les analyses diagnostiques sont prises en charge par l’État.

Il est encore temps de vacciner

La vaccination reste le moyen le plus efficace pour protéger les troupeaux contre la FCO-3.

Le sérotype 3 est particulièrement virulent et peut entraîner des conséquences sanitaires importantes, comme celles observées lors de la circulation du sérotype 8. Compte tenu de la circulation précoce du virus cette année, il est important de ne pas attendre pour protéger les animaux encore non vaccinés.

Nous invitons les éleveurs à se rapprocher de leur vétérinaire afin de mettre en place la stratégie vaccinale la plus adaptée à leur élevage.

Restons mobilisés

La vigilance de chacun est essentielle pour détecter rapidement les nouveaux cas et limiter la propagation de la maladie. Nous continuerons à vous tenir informés de l’évolution de la situation sanitaire.

Groupement de défense sanitaire de l’Aveyron. Actions sanitaires, formations des éleveurs, prévention.