Formation éthologie : bien-être des bovins et des éleveurs
- 2 juillet 2026
Parler de bien-être animal fait aussi partie des missions du GDS Aveyron, à l’initiative d’une nouvelle formation, en partenariat avec l’ADPSA, sur l’éthologie des bovins. Une première session d’initiation s’est déroulée ce printemps avec une spécialiste de la question, Pauline Garcia, éleveuse dans le Cantal.
Après une carrière de 12 ans dans les médias (radio et TV), Pauline Garcia s’est reconvertie dans l’élevage. Passionnée de santé animale, elle s’est d’abord formée comme comportementaliste animale puis s’est mise en quête d’une installation. Arrivée en Auvergne pour décrocher un BPREA à Brioude, elle a fait la connaissance d’un éleveur avec qui elle s’est associée hors-cadre familial. Dans le Cantal, ils élèvent des Salers et Aubrac.
Capital confiance
Très vite, Pauline a pu mettre en application sur son élevage, sa méthode d’approche des animaux :
«Je parle avec mes vaches, tout le temps !», sourit-elle. Et elle partage son quotidien d’éleveuse sur les réseaux sociaux, consacrant 3 heures par jour à la promotion de son métier. «Avoir la double cas-quette, éleveuse, community mana-ger et formatrice, est important car elle crédibilise ma démarche», avance Pauline. «Mes premières formatrices sont mes vaches. Elles me servent de test», appuie l’agricultrice dont le compagnon est également éleveur (laitier). Pauline se dit donc «toujours en formation», elle qui a écrit trois livres depuis 2020 sur le comportement animal.
Ses talents et cette double expérience, elle les met au service des éleveurs et des organisations professionnelles (Chambre d’agriculture, MSA, GDS, public scolaire, vétérinaires…), auxquels elle pro-pose des formations. Et la formule plaît car le planning est très chargé et les réservations complètes d’une année sur l’autre ! «Plancher sur le bien-être animal, c’est améliorer la sécurité pour tous, le confort de travail, ça contribue à diminuer la charge mentale. Les éleveurs travaillant de plus en plus seuls, avoir des animaux facilitants donne plus de plaisir et de sérénité», argue-t-elle.
Pauline qualifie sa méthode de «progressive» et «pas révolutionnaire» : «On peut mettre en place de petites actions applicables par tous et profitables pour tous !», confie-t-elle. Et la démonstration qu’elle a fait de sa méthode lors de la formation initiée par le GDS Aveyron, en partenariat avec l’ADPSA, en a été une belle preuve. Après des apports théoriques en salle le matin, le groupe d’éleveuses, éleveurs et de salariés agricoles s’est retrouvé chez Eric Nadal à Asprières. Dans un bâtiment, il avait isolé un groupe de jeunes vaches qui se sont facilement prêtées au jeu de l’approche ! Pauline Garcia a présenté les 5 étapes intermédiaires d’approche des animaux avec de premières prérogatives : «ne pas calquer nos habitudes d’humains sur les bovins, cela signifie ne pas chercher à toucher directement et tout de suite et ne jamais oublier que le monde sensoriel des bovins diffère complètement de celui des humains. L’homme a tendance à calquer ses ressentis sur ceux des bovins mais c’est une erreur qui peut parfois le mettre en danger».
5 étapes pour créer la relation homme/animal
«Au fil des 5 étapes on augmente le capital confiance et on gagne en docilité par l’expérience», détaille-t-elle :
- Veiller à leur bien-être environnemental comme installer des brosses ;
- Répondre aux besoins fondamentaux des animaux en éveillant leurs 5 sens (intégrer des petits jeux comme des ballons, des cônes, des blocs, au sol ou suspendus qui permettent aux animaux de travailler leur peur face à l’arrivée d’un nouvel élément : une technique à fragmenter dans le temps avec des séances courtes (pas plus de 15 mn) pour éviter d’alourdir la journée de travail de l’éleveur et garder la motivation de l’animal. Ces objets peuvent être remis dans les parcs plus tard afin de mesurer les pro-grès réalisés et le changement de comportement) ;
- L’aliment, accélérateur relationnel (commencer par de petites poignées dans plusieurs petites bassines plutôt que dans des seaux qui peuvent se renverser et faire du bruit puis tenter de les brosser pendant qu’ils mangent, un bruit, une sensation qu’ils auront déjà découverte dans l’étape 1) ;
- Grattage des animaux
- Gestion des émotions par l’humain. Dans un lot, Pauline Garcia préconise les nombres pairs d’animaux : «chaque vache a son binôme, c’est rassurant pour chacune d’elle et souvent elles se synchronisent dans leur cycle de vie (vêlage par exemple)», a-t-elle constaté. «Quand on touche une vache, les autres regardent et voient sa réaction, c’est un message d’assurance, si certaines apprennent plus vite, les autres retiennent par l’observation», poursuit Pauline.Au cours de cette formation, l’agricultrice a partagé son vécu :
«il ne faut pas lâcher l’affaire et travailler sur l’habitude d’approche. Plus on habitue une vache à la toucher, plus elle sera prépa-rée si un jour on doit intervenir pour un soin ou pour toute manipulation». La tenacité c’est justement ce que les participants à la formation ont retenu ! «On repart avec des petites astuces à mettre en place, des outils» témoignent certains. Et Pauline leur a déjà donné rendez-vous dans un an pour une session de perfectionnement : «n’hésitez pas à faire des photos, des mini-vidéos pour partager vos actions et nous débrieferons ensemble sur ce qui a marché et ce qui a été plus difficile».
Eva DZ, la Volonté Paysanne du 25 juin 2026
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Les dernières actualités
Bovins, Ovins
- 18 septembre 2026
Le virus Shamonda-Europe poursuit sa progression en France et en Europe. Déjà détecté en Autriche, Allemagne, Belgique, France, Liechtenstein, Pays-Bas et Suisse, ce virus transmis par les moucherons (Culicoïdes) fait actuellement l’objet d’une surveillance renforcée.
Deux génotypes distincts ont été identifiés, sans pour autant que de variations cliniques ne soient objectivées à date (source : GDS France)
- Shamonda Europe 1 dans la zone France, Suisse, sud-Allemangne
- Shamonda-Europe 2 dans l’ouest de la France, Pays-Bas et nord de l’Allemagne
Une circulation toujours active en France et en Aveyron
Au 17 septembre 2026, des foyers bovins ont été confirmés dans 41 départements français, dont l’Aveyron. Plusieurs élevages aveyronnais ont déjà été concernés, témoignant de la circulation active du virus sur notre territoire.
Chez les bovins, les symptômes observés sont généralement :
- fièvre ;
- abattement ;
- baisse d’appétit ;
- diarrhée ;
- diminution de la production laitière.
La plupart des animaux adultes récupèrent rapidement, mais les conséquences potentielles sur la reproduction restent sous surveillance.
Un point d’attention pour les élevages ovins
Un nouveau fait sanitaire attire aujourd’hui l’attention : le premier cas français de malformations congénitales associées au virus Shamonda a été confirmé dans un élevage ovin de l’Oise.
Des agneaux sont nés avec des malformations caractéristiques, notamment :
- une arthrogrypose (raideur et déformation des membres) ;
- une brachygnathie (mâchoire raccourcie).
La présence du virus a été confirmée par analyse PCR sur des prélèvements réalisés sur les agneaux concernés (encéphales).
Cette découverte rappelle les conséquences observées par le passé avec le virus de Schmallenberg, appartenant au même groupe viral. Elle souligne l’importance d’une vigilance accrue dans les élevages ovins, en particulier pendant les périodes de gestation.
Le GDS invite les éleveurs bovins et ovins à être particulièrement attentifs :
✅ aux avortements ;
✅ aux naissances d’agneaux/veaux présentant des malformations ;
✅ à toute anomalie observée sur les nouveau-nés.
En cas de doute, il est essentiel de contacter rapidement votre vétérinaire sanitaire afin de permettre la réalisation d’investigations et, si nécessaire, d’analyses complémentaires.
Le GDS reste mobilisé
La situation sanitaire continue d’évoluer et les connaissances sur ce virus s’enrichissent progressivement. Le GDS poursuivra son suivi de la situation et ne manquera pas de vous tenir informés des nouvelles données susceptibles d’impacter les élevages aveyronnais.
La vigilance de chacun est essentielle pour mieux comprendre la circulation du virus et ses conséquences potentielles sur les troupeaux.
Rappel situation FCO-3 :
Depuis le 1er juin 2026, 885 foyers de FCO de sérotype 3 ont été recensés en France, dont 67 en Aveyron. Nous rappelons que ce sérotype peut également provoquer des avortements. Il est donc essentiel de déclarer tout avortement observé dans votre élevage afin de réaliser les investigations nécessaires. Ces analyses permettent notamment de différencier une éventuelle infection par la FCO d’autres maladies émergentes, telles que le virus Shamonda-Europe.
Bovins
- 18 septembre 2026
A compter du 1er octobre 2026, la zone régulée liée à la Maladie Hémorragique Épizootique (MHE) devrait connaître une évolution favorable avec une réduction progressive du nombre de communes concernées, sous réserve de l’absence de nouveaux foyers sur le territoire métropolitain.
Cette évolution s’inscrit dans le cadre de la réglementation européenne qui prévoit notamment qu’un foyer de MHE reste pris en compte pendant une durée de deux ans. Ainsi, au fur et à mesure que les foyers les plus anciens sortent de cette période réglementaire, certaines communes pourront être retirées de la zone régulée. La réduction du périmètre réglementé permettra un assouplissement progressif des mesures encadrant les mouvements d’animaux. Il est toutefois important de rappeler que cette évolution reste conditionnée à l’absence de nouveaux foyers de MHE. Toute nouvelle détection pourrait entraîner une révision des zones concernées.
Quelle situation pour l’Aveyron ?
Malgré l’évolution favorable annoncée au niveau national, l’Aveyron reste à ce jour intégralement concerné par la zone régulée MHE. En effet, plusieurs foyers ont été recensés dans le département en décembre 2024, ce qui maintient l’application des mesures réglementaires actuellement en vigueur.
Pour les éleveurs aveyronnais, aucun changement n’est donc à prévoir dans l’immédiat concernant les conditions de mouvements des animaux. Nous continuerons à vous tenir informés des évolutions réglementaires susceptibles d’impacter le département dans les prochains mois.
Des cartes actualisées à consulter régulièrement
Afin d’anticiper les évolutions à venir, le ministère de l’Agriculture met à disposition des cartes et listes de communes projetées pour les mois d’octobre, novembre et décembre 2026.
Nous invitons les éleveurs à consulter régulièrement ces informations afin de vérifier la situation de leur commune et les éventuelles incidences sur les mouvements d’animaux :
Équins
- 3 septembre 2026
Virus Shamonda-Europe : une nouvelle fiche d’information dédiée à la filière équine est disponible
Depuis l’été 2026, un nouveau virus, dénommé Shamonda-Europe, circule chez les ruminants dans plusieurs pays européens, dont la France.
Récemment, en Suisse, ce virus a été détecté dans l’encéphale de deux chevaux présentant des troubles neurologiques. Il s’agit des premières détections de Shamonda-Europe chez l’espèce équine.
Pour rappel, plusieurs cas ont été détectés en Aveyron depuis une semaine dans des élevages de bovins.
Afin de répondre aux interrogations suscitées par cette situation sanitaire émergente, GDS France et la SNGTV ont élaboré une fiche d’information à destination de la filière équine.
Cette ressource rassemble les connaissances actuellement disponibles sur :
✅ le virus et ses modes de transmission ;
✅ les éléments connus concernant les équidés ;
✅ les principales mesures de surveillance et de vigilance à mettre en œuvre.
Un document pratique pour accompagner les détenteurs et les professionnels de la filière face à cette émergence sanitaire.
Groupement de défense sanitaire de l’Aveyron. Actions sanitaires, formations des éleveurs, prévention.