Formation éthologie : bien-être des bovins et des éleveurs

Parler de bien-être animal fait aussi partie des missions du GDS Aveyron, à l’initiative d’une nouvelle formation, en partenariat avec l’ADPSA, sur l’éthologie des bovins. Une première session d’initiation s’est déroulée ce printemps avec une spécialiste de la question, Pauline Garcia, éleveuse dans le Cantal.

Après une carrière de 12 ans dans les médias (radio et TV), Pauline Garcia s’est reconvertie dans l’élevage. Passionnée de santé animale, elle s’est d’abord formée comme comportementaliste animale puis s’est mise en quête d’une installation. Arrivée en Auvergne pour décrocher un BPREA à Brioude, elle a fait la connaissance d’un éleveur avec qui elle s’est associée hors-cadre familial. Dans le Cantal, ils élèvent des Salers et Aubrac.

Capital confiance

Très vite, Pauline a pu mettre en application sur son élevage, sa méthode d’approche des animaux :

«Je parle avec mes vaches, tout le temps !», sourit-elle. Et elle partage son quotidien d’éleveuse sur les réseaux sociaux, consacrant 3 heures par jour à la promotion de son métier. «Avoir la double cas-quette, éleveuse, community mana-ger et formatrice, est important car elle crédibilise ma démarche», avance Pauline. «Mes premières formatrices sont mes vaches. Elles me servent de test», appuie l’agricultrice dont le compagnon est également éleveur (laitier). Pauline se dit donc «toujours en formation», elle qui a écrit trois livres depuis 2020 sur le comportement animal.

Ses talents et cette double expérience, elle les met au service des éleveurs et des organisations professionnelles (Chambre d’agriculture, MSA, GDS, public scolaire, vétérinaires…), auxquels elle pro-pose des formations. Et la formule plaît car le planning est très chargé et les réservations complètes d’une année sur l’autre ! «Plancher sur le bien-être animal, c’est améliorer la sécurité pour tous, le confort de travail, ça contribue à diminuer la charge mentale. Les éleveurs travaillant de plus en plus seuls, avoir des animaux facilitants donne plus de plaisir et de sérénité», argue-t-elle.

Pauline qualifie sa méthode de «progressive» et «pas révolutionnaire» : «On peut mettre en place de petites actions applicables par tous et profitables pour tous !», confie-t-elle. Et la démonstration qu’elle a fait de sa méthode lors de la formation initiée par le GDS Aveyron, en partenariat avec l’ADPSA, en a été une belle preuve. Après des apports théoriques en salle le matin, le groupe d’éleveuses, éleveurs et de salariés agricoles s’est retrouvé chez  Eric  Nadal  à Asprières. Dans un bâtiment, il avait isolé un groupe de jeunes vaches qui se sont facilement prêtées au jeu de l’approche ! Pauline Garcia a présenté les 5 étapes intermédiaires d’approche des animaux avec de premières prérogatives : «ne pas calquer nos habitudes d’humains sur les bovins, cela signifie ne pas chercher à toucher directement et tout de suite et ne jamais oublier que le monde sensoriel des bovins diffère complètement de celui des humains. L’homme a tendance à calquer ses ressentis sur ceux des bovins mais c’est une erreur qui peut parfois le mettre en danger».

5 étapes pour créer la relation homme/animal

«Au fil des 5 étapes on augmente le capital confiance et on gagne en docilité par l’expérience», détaille-t-elle :

  1. Veiller à leur bien-être environnemental comme installer des brosses ;
  2. Répondre aux besoins fondamentaux des animaux en éveillant leurs 5 sens (intégrer des petits jeux comme des ballons, des cônes, des blocs, au sol ou suspendus qui permettent aux animaux de travailler leur peur face à l’arrivée d’un nouvel élément : une technique à fragmenter dans le temps avec des séances courtes (pas plus de 15 mn) pour éviter d’alourdir la journée de travail de l’éleveur et garder la motivation de l’animal. Ces objets peuvent être remis dans les parcs plus tard afin de mesurer les pro-grès réalisés et le changement de comportement) ;
  3. L’aliment, accélérateur relationnel (commencer par de petites poignées dans plusieurs petites bassines plutôt que dans des seaux qui peuvent se renverser et faire du bruit puis tenter de les brosser pendant qu’ils mangent, un bruit, une sensation qu’ils auront déjà découverte dans l’étape 1) ;
  4. Grattage des animaux
  5. Gestion des émotions par l’humain. Dans un lot, Pauline Garcia préconise les nombres pairs d’animaux  :  «chaque  vache  a son binôme, c’est rassurant pour chacune d’elle et souvent elles se synchronisent dans leur cycle de vie (vêlage par exemple)», a-t-elle constaté. «Quand on touche une vache, les autres regardent et voient sa réaction, c’est un message d’assurance, si certaines apprennent plus vite, les autres retiennent par l’observation», poursuit Pauline.Au cours de cette formation, l’agricultrice a partagé son vécu :

    «il ne faut pas lâcher l’affaire et travailler sur l’habitude d’approche. Plus on habitue une vache à la toucher, plus elle sera prépa-rée si un jour on doit intervenir pour un soin ou pour toute manipulation». La tenacité c’est justement ce que les participants à la formation ont retenu ! «On repart avec des petites astuces à mettre en place, des outils» témoignent certains. Et Pauline leur a déjà donné rendez-vous dans un an pour une session de perfectionnement : «n’hésitez pas à faire des photos, des  mini-vidéos  pour  partager vos actions et nous débrieferons ensemble sur ce qui a marché et ce qui a été plus difficile».

Eva DZ, la Volonté Paysanne du 25 juin 2026

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Les dernières actualités

Évènements GDS

Stand GDS et Farago

Comme tous les ans, nous serons présents au Sommet de l’élevage. Les enjeux sanitaires dépassent nos simples filières et nous pourrons échanger sur la thématique du « One Health – Une seule santé ». 

Un lieu d’échanges et de rencontres

Le Sommet de l’élevage est devenu un rendez-vous incontournable des éleveurs du grand Massif central, et au-delà. Les GDS et Farago seront présents comme tous les ans pour vous rencontrer et échanger.

Un stand commun GDS et Farago

Nous vous invitons à venir nous retrouver sur notre stand. Il se veut lieu d’écoute, de recueil des attentes, d’apport d’informations, de convivialité… Aux côtés des salariés des différentes structures départementales, vous pourrez échanger avec les administrateurs sur les actualités sanitaires et vos préoccupations. Un quiz numérique vous sera proposé et vous pourrez tester vos connaissances sur la thématique du « One Health – Une seule santé ». Les gagnants du jeu concours seront tirés au sort parmi les bonnes réponses.

« One Health – Une seule santé », …

Humains et espèces animales vivent et interagissent dans le même écosystème. Pour limiter la contamination de l’Homme et éviter l’émergence de nouvelles zoonoses, une action commune est nécessaire. Initié au début des années 2000, le concept One Health repose sur un principe simple, selon lequel la protection de la santé de l’Homme passe par la santé de l’animal et celle de l’ensemble des écosystèmes. 60 % des maladies infectieuses humaines ont une origine animale et 70 % d’entre elles sont transmises par la faune sauvage ! À l’échelle de la planète, l’évolution de l’activité humaine (hausse de la densité de la population qui entraine une urbanisation de l’espace naturel, mondialisation des échanges, développement des voyages) augmente le risque d’émergence et de dissémination des zoonoses.

… un enjeu sanitaire global

Pour prévenir l’apparition d’une épizootie, plusieurs points sont à surveiller :

– premièrement, le risque de transmission interespèces, à évaluer pour chaque maladie,

– deuxièmement, l’exposition des humains à des animaux infectés et à des sources secondaires

– troisièmement, l’infection humaine et la transmission interhumaine ultérieure. Seule une approche interdisciplinaire peut permettre de faire face à ces enjeux majeurs de santé. Animaux réservoirs, hôtes intermédiaires encore inconnus, circulation virale, la recherche et la surveillance animales s’avèrent indispensables pour comprendre les maladies et trouver des traitements ou des vaccins. L’objectif, trouver le pathogène avant que ce soit lui qui nous trouve !

Les éleveurs en première ligne…

Si ces préoccupations peuvent paraitre lointaines, elles vous concernent pourtant directement. Quelle que soit la production, vous êtes en contact quotidien avec vos animaux. Votre rôle est multiple : sentinelles de nouvelles pathologies par la surveillance de votre cheptel, protecteurs de la filière et au final du consommateur par la fourniture de denrées et d’animaux sains, mais également vous protéger d’une éventuelle zoonose (brucellose, tuberculose, fièvre Q, …). Par exemple, le virus de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), cousin des virus de grippe humaine, est susceptible de contaminer l’Homme que ce soit par contact direct avec des volailles ou après recyclage sur des porcs. Les autorités sanitaires recommandent donc la vaccination grippe de tous ces éleveurs, comme des professionnels intervenant dans ces filières. Vous êtes également responsable du bon usage des antibiotiques utilisés en élevage, pour limiter l’apparition de bactéries résistantes. C’est un des objectifs des plans Écoantibio.

… avec la mise en œuvre des mesures de biosécurité sur leurs élevages

Les mesures de biosécurité seront adaptées à l’élevage et au contexte épidémiologique. Quelle que soit la production, on retrouve les points principaux : éviter l’introduction d’un pathogène par la gestion des mouvements, du voisinage et des intervenants, limiter leur circulation au sein de l’élevage par la mise en œuvre de mesures d’isolement ou de marche en avant, s’assurer de ne pas diffuser de pathologies par des mesures sanitaires avant départ, que ce soit d’animaux, de denrées ou d’effluents et prendre les précautions nécessaires pour éviter de se contaminer, par le port de gants, de tenue de travail voire de masque pour les pathologies aérosol. Ces mesures simples sont malheureusement souvent négligées, ce qui conduit à des contaminations de troupeaux ou d’éleveurs, avec les impacts sanitaires et économiques qui en découlent.

Nos prestations, pour prolonger l’action sanitaire des GDS

Les GDS et leurs filiales, regroupées pour la plupart sous la marque Farago, ont développé des services pour améliorer la prévention sanitaire en élevage, le bien-être des animaux et faciliter les interventions des éleveurs. Ces professionnels de la protection de la santé et de l’environnement interviennent dans la désinfection (ils ont été particulièrement sollicités dans la lutte contre la Dermatose Nodulaire Contagieuse), la lutte contre les nuisibles (désinsectisation, dératisation, détaupisation), les soins aux animaux (ébourgeonnage des veaux, parage) ou les fournitures aux élevages (produits d’hygiène, clôture électrique, contention, tubulaire, matériel d’élevage, abreuvement, qualité de l’eau…). Pour plus de renseignements, venez nous retrouver dans un cadre convivial et échanger sur notre stand.

Dr Boris BOUBET – GDS Creuse – www.gdscreuse.fr

 Venez nous retrouver Hall 1 stand C78…

Votre GDS vous accompagne dans la connaissance des risques sanitaires auxquels votre élevage est exposé, des mesures préconisées et sécurise la filière par les garanties apportées. Pour la mise en œuvre pratique des mesures de biosécurité, vous pouvez vous appuyer sur votre filiale Farago. Pour plus de renseignements, venez nous retrouver dans un cadre convivial et échanger sur notre stand.

… et Hall 2 à l’Agora Pôle Santé

Nouveauté 2026, les organisateurs du Sommet ont regroupé plusieurs acteurs de la santé animale en un lieu unique dans le Hall 2. Pendant les 4 jours de la manifestation, vous pourrez nous retrouver sur notre stand F191 et profiter de mini-conférences sur des sujets sanitaires et d’une information plus globale sur la santé animale.

A cette occasion le GDS Aveyron animera deux conférences le mardi 6 octobre :

  • 14h : les 10 points clés d’un bon abreuvement quantitatif et qualitatif de nos ovins
  • 15h : s’orienter face à une brebis ou un agneau malade

Bovins, Caprins, Ovins, Évènements GDS

Le GDS Aveyron est heureux de vous présenter son programme de formations 2026-2027, destiné aux éleveurs bovins, ovins et caprins du département.

Cette année, plusieurs nouvelles thématiques viennent compléter l’offre habituelle afin d’apporter des réponses concrètes aux enjeux rencontrés sur le terrain.

Parmi les nouveautés, les éleveurs bovins pourront participer à une formation dédiée à l’éthologie bovine, animée par Pauline Garcia (Étho Diversité). Cette journée permettra de mieux comprendre le comportement des animaux pour améliorer la relation homme-animal, faciliter les interventions et gagner en sérénité au quotidien.

Une autre formation sera consacrée à la manipulation et à la contention des bovins, avec des conseils pratiques pour travailler en toute sécurité, aussi bien pour l’éleveur que pour les animaux.

L’abreuvement des troupeaux sera également à l’honneur lors d’une formation ouverte aux éleveurs bovins, ovins et caprins. Les aspects quantitatifs et qualitatifs de l’eau y seront abordés afin d’optimiser les performances des animaux et de sécuriser les systèmes d’élevage.

Pour les éleveurs ovins, deux formations spécifiques seront proposées. La première portera sur l’immunité du troupeau, avec pour objectif de mieux comprendre les mécanismes de défense des animaux et d’identifier les leviers permettant de renforcer leur résistance face aux maladies. La seconde sera dédiée à la biosécurité en élevage ovin, afin de mieux prévenir l’introduction et la circulation des maladies au sein des troupeaux grâce à des mesures simples et efficaces.

Bien entendu, ces nouveautés viennent compléter les formations incontournables proposées chaque année autour de la santé animale, de la prévention et de la conduite des élevages.

Un programme varié, pratique et animé par des intervenants reconnus, pour vous accompagner dans le développement de votre élevage.

Découvrez dès maintenant l’ensemble des formations 2026-2027 et inscrivez-vous auprès du GDS Aveyron.

Bovins, Ovins

Le virus Shamonda-Europe poursuit sa progression en France et en Europe. Déjà détecté en Autriche, Allemagne, Belgique, France, Liechtenstein, Pays-Bas et Suisse, ce virus transmis par les moucherons (Culicoïdes) fait actuellement l’objet d’une surveillance renforcée.

Deux génotypes distincts ont été identifiés, sans pour autant que de variations cliniques ne soient objectivées à date (source : GDS France)

  • Shamonda Europe 1 dans la zone France, Suisse, sud-Allemangne
  • Shamonda-Europe 2 dans l’ouest de la France, Pays-Bas et nord de l’Allemagne

Une circulation toujours active en France et en Aveyron

Au 28 septembre 2026, des foyers bovins ont été confirmés dans 48 départements français, dont l’Aveyron. Plusieurs élevages aveyronnais ont déjà été concernés, témoignant de la circulation active du virus sur notre territoire.

Chez les bovins, les symptômes observés sont généralement :

  • fièvre ;
  • abattement ;
  • baisse d’appétit ;
  • diarrhée ;
  • diminution de la production laitière.

La plupart des animaux adultes récupèrent rapidement, mais les conséquences potentielles sur la reproduction restent sous surveillance.

Un point d’attention pour les élevages ovins

Au 28/09/2026, le virus a été identifié chez des ovins par RT-PCR dans un deuxième département (l’Aveyron), après la première détection dans l’Oise. Les foyers ovins se caractérisaient par des malformations congénitales. Les agneaux présentaient notamment une arthrogrypose et une brachygnathie ; le génome du virus a été détecté par PCR dans l’encéphale (sources: ADILVA, ENVT et GDS France le 28/09/2026)

Cette découverte rappelle les conséquences observées par le passé avec le virus de Schmallenberg, appartenant au même groupe viral. Elle souligne l’importance d’une vigilance accrue dans les élevages ovins, en particulier pendant les périodes de gestation.

Le GDS invite les éleveurs bovins et ovins à être particulièrement attentifs :

✅ aux avortements ;

✅ aux naissances d’agneaux/veaux présentant des malformations ;

✅ à toute anomalie observée sur les nouveau-nés.

En cas de doute, il est essentiel de contacter rapidement votre vétérinaire sanitaire afin de permettre la réalisation d’investigations et, si nécessaire, d’analyses complémentaires.

Vigilance en cas d’avortement

Pour rappel, deux virus circulent actuellement en Aveyron : la FCO sérotype 3 et le virus Shamonda. Ces deux infections peuvent être à l’origine d’avortements chez les bovins, ovins et caprins. Si la déclaration des avortements reste une obligation réglementaire, il est également important de profiter de cet événement pour en rechercher la cause. En cas d’avortement, rapprochez-vous de votre vétérinaire afin de réaliser les prélèvements nécessaires, notamment pour le dépistage de la FCO3 et du virus Shamonda. Cette démarche permet d’orienter la conduite du troupeau et de renforcer la surveillance sanitaire départementale.

Le GDS reste mobilisé

La situation sanitaire continue d’évoluer et les connaissances sur ce virus s’enrichissent progressivement. Le GDS poursuivra son suivi de la situation et ne manquera pas de vous tenir informés des nouvelles données susceptibles d’impacter les élevages aveyronnais.

La vigilance de chacun est essentielle pour mieux comprendre la circulation du virus et ses conséquences potentielles sur les troupeaux.

Rappel situation FCO-3 :

Depuis le 1er juin 2026, 885 foyers de FCO de sérotype 3 ont été recensés en France, dont 67 en Aveyron.

Groupement de défense sanitaire de l’Aveyron. Actions sanitaires, formations des éleveurs, prévention.