La nouvelle équipe se présente : Franck VIEILLEDENT et Jérémie GAYRAUD, responsables de la commission petits ruminants (épisode 5/5)
- 23 juin 2026
Depuis son élection en novembre, le bureau de FODSA – GDS Aveyron, autour du nouveau président, Loïc Christophe prend ses marques. Tour à tour les membres se présentent et expliquent leur rôle et mission au sein de la structure qui accompagne les éleveurs sur le volet sanitaire en Aveyron. Cette semaine, Jérémie Gayraud et Franck Vieilledent, membres du bureau du GDS Aveyron et responsables de la commission petits ruminants, prennent la parole.
Pouvez-vous vous présenter ?
F. Vieilledent : «Je suis éleveur de brebis laitières et de vaches allaitantes, sur la commune de Castelnau Pégayrols. Installé depuis 1992, je suis aujourd’hui en GAEC avec mon épouse et mon fils et nous employons un salarié. Nous produisons du lait pour l’AOP Roquefort chez Papillon et nous sommes en système broutards Aubrac.
Que représente le GDS dans votre métier d’éleveur ? Quel a été votre premier contact avec le GDS ?
F. Vieilledent : J’ai connu dans les années 70, les difficultés sanitaires auxquelles ont été confrontés les éleveurs. Je pense notamment à la Brucellose qui imposait l’abattage total des troupeaux et a complètement chamboulé le paysage… De nombreux éleveurs ont abandonné le lait pour se convertir à la viande… Si les réseaux sociaux n’existaient pas à l’époque pour amplifier les informations, il n’empêche, ce sujet a marqué mon adolescence. J’ai toujours été préoccupé par la santé des animaux, c’est la base de l’économie d’un élevage à mon sens. Dès mon installation en 1992, je participais aux réunions annuelles du GDS.
Comment a démarré votre engagement à la FODSA ?
F. Vieilledent : C’est Joël Salvan, président du GDS de Saint Beauzély qui m’a proposé de prendre sa suite. Mon voisin, Bernard Lacombe, alors président du GDS Aveyron m’a proposé de prendre la responsabilité de la commission petits ruminants à l’échelle départementale, que j’ai partagée avec Bérangère Carel puis Etienne Espinasse et aujourd’hui avec Jérémie Gayraud puisque le nouveau président, Loïc Christophe que je remercie pour sa confiance, m’a invité à poursuivre mon engage-ment. Je fais partie des plus anciens aujourd’hui mais je suis heureux de voir que la relève est là !
Quelle est votre mission au GDS Aveyron ?
F. Vieilledent : Au bureau du GDS, nous traitons de tous les sujets et prenons part aux décisions. Éleveur à la fois bovins et ovins, j’ai la chance d’avoir une vision transversale. Notre commission petits ruminants est très dynamique du fait de l’implication qu’a pu avoir Bernard Lacombe, notre représentant pendant de longues années à la commission petits ruminants de GDS France. Mais aussi du fait d’une bonne structuration de notre filière Roquefort aux fortes retombées économiques pour notre territoire, nous nous devons donc d’avoir une commission à la hauteur des enjeux. Par ailleurs, nous travaillons sur divers sujets du quotidien des éleveurs, au-delà de la gestion des maladies réglementées, comme les causes des avortements, la résistance anti-parasitaire, l’abreuvement, la biosécurité, l’émergence de maladies telles l’adénomatose dernièrement ou encore les projets de recherche et développement en lien avec l’Idèle, les écoles vétérinaires, les organismes de sélection, Aveyron Labo… Nous avons aussi la chance de travailler avec des collaborateurs passionnés au GDS.
Que vous apporte cet engagement ?
F. Vieilledent : Le sanitaire est un travail collectif, qui nécessite neutralité et objectivité. Un esprit que je retrouve au sein du GDS. C’est une structure où on se plaît de travailler, on se sent utile, écouté, entendu. Nous avons vu le résultat de la sensibilisation du GDS à la vaccination FCO qui a permis de protéger nos animaux.
J’ai envie aussi à travers mon engagement, de sensibiliser les nouveaux installés au sanitaire. Le GDS doit être encore plus présent auprès des jeunes mais aussi de tous les éleveurs car ils sont encore nombreux à ne pas connaître son action. Dans un contexte d’émergence de maladies, cette synergie est primordiale».
Pouvez-vous vous présenter ?
J. Gayraud : «Ingénieur agronome de formation, j’ai occupé plusieurs postes au sein de structures professionnelles, dont la responsabilité du schéma de sélection et du commerce chez Ovi-Test. Lorsque mon père, éleveur du côté de La Glène, a pris la retraite, j’ai pensé à m’installer. Fin 2023, j’ai fait le choix de rejoindre un GAEC sur la commune de Millau, où nous sommes 4 associés, un élevage ovin lait en système Roquefort, basé sur le pâturage. Cette structure collective nous permet d’avoir une vie presque comme tout actif et de nous engager également pour notre profession.
Que représente le GDS dans votre métier d’éleveur ? Quel a été votre premier contact avec le GDS ?
J. Gayraud : Dans mes précédentes activités professionnelles, notamment à Ovi-Test, j’ai travaillé en lien avec l’équipe du GDS. Et dans le GAEC que j’ai intégré, j’ai remplacé Bernard Lacombe, président du GDS Aveyron, qui nous a beaucoup parlé de la structure et nous partageait les infos ! C’est d’ailleurs lui qui m’a proposé de lui succéder à la présidence du GDS de Millau. C’est ainsi que j’ai intégré le conseil d’administration départemental. Puis le bureau en tant que responsable de la commission petits ruminants avec Franck Vieilledent.
Pour quelles raisons vous êtes-vous engagé à la FODSA ?
J. Gayraud : J’avais la volonté de m’impliquer dans ma filière via le volet sanitaire. J’avais aussi l’envie de participer à une organisation collective, d’entretenir un lien entre le terrain, l’échelon départemental voire au-delà. Le sanitaire est un élément important dans la rentabilité de nos fermes et je pense qu’il doit se gérer de façon collective.
Quelle est votre mission au GDS Aveyron ?
J. Gayraud : C’est un rôle nouveau pour moi que ce soit dans mon GDS local comme à l’échelon départemental. Sur Millau, notre territoire est très orienté ovins lait, c’est important de pouvoir centraliser les demandes, de partager les informations, de faire redescendre les problématiques sur divers sujets de fonds comme la biosécurité ou d’actualité comme la FCO. C’est notre rôle aussi de créer une dynamique locale entre les éleveurs et leur GDS.
Au sein du bureau, nous sommes quelques éleveurs à représenter les petits ruminants et à défendre les dossiers qui nous concernent. Cette représentativité est essentielle au vu de l’importance de notre bassin de production.
A la commission petits ruminants, nous œuvrons pour la protection sanitaire de nos élevages. Au-delà de la gestion des maladies réglementées, nous travaillons sur les dossiers de recherche et développement, les formations aux éleveurs, la biosécurité, la gestion des épidémies… Et de nombreux dossiers nous occupent : les avortements des brebis et agnelles, le dépistage des nouvelles maladies, l’amélioration de l’ambiance en bergerie (abreuvement, ventilation…). Sur tous ces sujets, le GDS fait le lien entre les différents partenaires (structures génétiques, vétérinaires, acteurs économiques…) et apporte le meilleur conseil possible aux éleveurs.
Que vous apporte cet engagement ?
J. Gayraud : Avant de m’installer, j’avais l’habitude de voir beaucoup de monde et j’avais envie de garder cette ouverture, une fois sur l’exploitation. Cet engagement au GDS me permet d’élargir les échanges au-delà de la ferme, avec des éleveurs d’autres productions, d’autres territoires, avec les vétérinaires, les services de l’Etat… D’un point de vue personnel, c’est un engagement très riche».
Recueillis par Eva DZ – La Volonté Paysanne du 11 juin 2026.
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Les dernières actualités
Bovins, Ovins
- 18 septembre 2026
Le virus Shamonda-Europe poursuit sa progression en France et en Europe. Déjà détecté en Autriche, Allemagne, Belgique, France, Liechtenstein, Pays-Bas et Suisse, ce virus transmis par les moucherons (Culicoïdes) fait actuellement l’objet d’une surveillance renforcée.
Deux génotypes distincts ont été identifiés, sans pour autant que de variations cliniques ne soient objectivées à date (source : GDS France)
- Shamonda Europe 1 dans la zone France, Suisse, sud-Allemangne
- Shamonda-Europe 2 dans l’ouest de la France, Pays-Bas et nord de l’Allemagne
Une circulation toujours active en France et en Aveyron
Au 17 septembre 2026, des foyers bovins ont été confirmés dans 41 départements français, dont l’Aveyron. Plusieurs élevages aveyronnais ont déjà été concernés, témoignant de la circulation active du virus sur notre territoire.
Chez les bovins, les symptômes observés sont généralement :
- fièvre ;
- abattement ;
- baisse d’appétit ;
- diarrhée ;
- diminution de la production laitière.
La plupart des animaux adultes récupèrent rapidement, mais les conséquences potentielles sur la reproduction restent sous surveillance.
Un point d’attention pour les élevages ovins
Un nouveau fait sanitaire attire aujourd’hui l’attention : le premier cas français de malformations congénitales associées au virus Shamonda a été confirmé dans un élevage ovin de l’Oise.
Des agneaux sont nés avec des malformations caractéristiques, notamment :
- une arthrogrypose (raideur et déformation des membres) ;
- une brachygnathie (mâchoire raccourcie).
La présence du virus a été confirmée par analyse PCR sur des prélèvements réalisés sur les agneaux concernés (encéphales).
Cette découverte rappelle les conséquences observées par le passé avec le virus de Schmallenberg, appartenant au même groupe viral. Elle souligne l’importance d’une vigilance accrue dans les élevages ovins, en particulier pendant les périodes de gestation.
Le GDS invite les éleveurs bovins et ovins à être particulièrement attentifs :
✅ aux avortements ;
✅ aux naissances d’agneaux/veaux présentant des malformations ;
✅ à toute anomalie observée sur les nouveau-nés.
En cas de doute, il est essentiel de contacter rapidement votre vétérinaire sanitaire afin de permettre la réalisation d’investigations et, si nécessaire, d’analyses complémentaires.
Le GDS reste mobilisé
La situation sanitaire continue d’évoluer et les connaissances sur ce virus s’enrichissent progressivement. Le GDS poursuivra son suivi de la situation et ne manquera pas de vous tenir informés des nouvelles données susceptibles d’impacter les élevages aveyronnais.
La vigilance de chacun est essentielle pour mieux comprendre la circulation du virus et ses conséquences potentielles sur les troupeaux.
Rappel situation FCO-3 :
Depuis le 1er juin 2026, 885 foyers de FCO de sérotype 3 ont été recensés en France, dont 67 en Aveyron. Nous rappelons que ce sérotype peut également provoquer des avortements. Il est donc essentiel de déclarer tout avortement observé dans votre élevage afin de réaliser les investigations nécessaires. Ces analyses permettent notamment de différencier une éventuelle infection par la FCO d’autres maladies émergentes, telles que le virus Shamonda-Europe.
Bovins
- 18 septembre 2026
A compter du 1er octobre 2026, la zone régulée liée à la Maladie Hémorragique Épizootique (MHE) devrait connaître une évolution favorable avec une réduction progressive du nombre de communes concernées, sous réserve de l’absence de nouveaux foyers sur le territoire métropolitain.
Cette évolution s’inscrit dans le cadre de la réglementation européenne qui prévoit notamment qu’un foyer de MHE reste pris en compte pendant une durée de deux ans. Ainsi, au fur et à mesure que les foyers les plus anciens sortent de cette période réglementaire, certaines communes pourront être retirées de la zone régulée. La réduction du périmètre réglementé permettra un assouplissement progressif des mesures encadrant les mouvements d’animaux. Il est toutefois important de rappeler que cette évolution reste conditionnée à l’absence de nouveaux foyers de MHE. Toute nouvelle détection pourrait entraîner une révision des zones concernées.
Quelle situation pour l’Aveyron ?
Malgré l’évolution favorable annoncée au niveau national, l’Aveyron reste à ce jour intégralement concerné par la zone régulée MHE. En effet, plusieurs foyers ont été recensés dans le département en décembre 2024, ce qui maintient l’application des mesures réglementaires actuellement en vigueur.
Pour les éleveurs aveyronnais, aucun changement n’est donc à prévoir dans l’immédiat concernant les conditions de mouvements des animaux. Nous continuerons à vous tenir informés des évolutions réglementaires susceptibles d’impacter le département dans les prochains mois.
Des cartes actualisées à consulter régulièrement
Afin d’anticiper les évolutions à venir, le ministère de l’Agriculture met à disposition des cartes et listes de communes projetées pour les mois d’octobre, novembre et décembre 2026.
Nous invitons les éleveurs à consulter régulièrement ces informations afin de vérifier la situation de leur commune et les éventuelles incidences sur les mouvements d’animaux :
Équins
- 3 septembre 2026
Virus Shamonda-Europe : une nouvelle fiche d’information dédiée à la filière équine est disponible
Depuis l’été 2026, un nouveau virus, dénommé Shamonda-Europe, circule chez les ruminants dans plusieurs pays européens, dont la France.
Récemment, en Suisse, ce virus a été détecté dans l’encéphale de deux chevaux présentant des troubles neurologiques. Il s’agit des premières détections de Shamonda-Europe chez l’espèce équine.
Pour rappel, plusieurs cas ont été détectés en Aveyron depuis une semaine dans des élevages de bovins.
Afin de répondre aux interrogations suscitées par cette situation sanitaire émergente, GDS France et la SNGTV ont élaboré une fiche d’information à destination de la filière équine.
Cette ressource rassemble les connaissances actuellement disponibles sur :
✅ le virus et ses modes de transmission ;
✅ les éléments connus concernant les équidés ;
✅ les principales mesures de surveillance et de vigilance à mettre en œuvre.
Un document pratique pour accompagner les détenteurs et les professionnels de la filière face à cette émergence sanitaire.
Groupement de défense sanitaire de l’Aveyron. Actions sanitaires, formations des éleveurs, prévention.