Commission petits ruminants GDS Aveyron 2025

La commission petits ruminants de FODSA – GDS Aveyron s’est réunie mardi 16 décembre, en présence de l’ensemble des acteurs de la filière. L’occasion de faire le bilan annuel de la campagne sanitaire et le point sur les projets réalisés et en cours.

La commission petits ruminants de FODSA – GDS Aveyron a pris l’habitude de se retrouver en fin d’année. En présence de l’ensemble de ses partenaires, entreprises de sélection, opérateurs, coopératives, vétérinaires, Aveyron Labo… ses membres dressent le bilan des sujets sanitaires des productions ovines et caprines et échangent sur les projets en cours et à venir avec les équipes du GDS. Suite au renouvellement du conseil d’administration du GDS, Jérémie Gayraud et Etienne Espinasse, Franck Vieilledent étant excusé, ont pris le relais. Ils étaient accompagnés par Bernard Lacombe, président sortant du GDS et son successeur, Loïc Christophe.

Prophylaxie, Border Disease et Visna Maëdi

La campagne de prophylaxie s’achevant au 31 décembre, un premier bilan a été présenté par Fany Trotier. Depuis le 1er avril, 81% des prophylaxies ont été réalisées en ovins et 70% en caprins. Les courriers de relance ont été envoyés fin novembre à tous les élevages qui ne l’auraient pas encore réalisé. Nicolas Meyrand a pris la suite sur le bilan de campagne de la Border Disease. En 2025, 11 nouveaux cheptels ont été déclarés positifs dont 5 avec deux analyses de mélange ou plus et 5 vaccinés Overvac. «Cette problématique Overvac devrait s’arrêter dès la prochaine campagne car la quasi-totalité des brebis concernées par cette vaccination ont été réformées», avance Nicolas Meyrand. «Globalement on peut dire que la déclaration de nouveaux positifs reste stable cette année». Il regrette toutefois la moindre mobilisation des éleveurs à réaliser les prélèvements sur lait de tank : «Les engraisseurs, opérateurs économiques ne demandent pas systématiquement l’analyse pensant que le risque est maîtrisé mais la maladie circule toujours et persiste», rappelle Nicolas Meyrand, précisant que ces analyses sont toujours financées.

Il a poursuivi sur le dossier Visna Maëdi. Lors de la campagne de prophylaxie, les analyses concernent aussi bien l’ensemble des cheptels à statut favorable (sur 50 femelles de plus de 24 mois et tous les béliers) ainsi que les cheptels en assainissement ou à statut défavorable (dans leur entièreté). Pour rappel, jusqu’à 2 brebis positives, le statut indemne est suspendu : les brebis positives et leur descendance sont éliminées et si plus de 2 brebis sont positives : le cheptel perd son statut. A noter que 70% des frais d’analyses sont pris en charge et 100% des frais de prélèvements via le fonds local Visna Maëdi.

Sur les 375 cheptels testés, 40 ont présenté des résultats positifs. Et dans les cheptels sélectionneurs Lacaune, deux cheptels ont présenté des résultats avec au moins un sérum positif avec le kit LSI. Près de 25% des cheptels ovins aveyronnais ont effectué un suivi Visna Maëdi.

Concernant les 12 cheptels Lacaune en assainissement ou à statut défavorable, testés en totalité, 4 cheptels ont révélé des résultats positifs. Leur assainissement va se poursuivre en 2026. Spécifiquement sur le bassin Lacaune, les données ont été consolidées par Races de France, en Aveyron et dans le Tarn : sur les 352 cheptels testés en sondage, trois, ayant un statut Visna Maëdi favorable, sont ressortis positifs. Et 14 cheptels ont été testés en totalité.

«On remarque que de plus en plus d’éleveurs font une recherche de Visna Maëdi en France, cette problématique est vraiment prise en compte au niveau national», souligne Nicolas Meyrand. «Le suivi Visna Maëdi est consolidé et sécurisé via un nouveau kit d’analyse (il y en a 2 en tout) et un outil de confirmation des sérums positifs disponible à l’ANSES. Des outils qui fonctionnent bien». En 2025, un outil partagé de saisie développé par Races de France est en place à l’échelle nationale. Il simplifie et optimise le suivi de la maladie. Par ailleurs, le travail pour un meilleur suivi dans les cheptels sélectionneurs Lacaune, en dehors du bassin, se poursuit. En vue d’améliorer la sensibilité du kit et anticiper la détection d’animaux présentant un risque, les seuils de détection ont été réévalués. Ces progrès seront poursuivis en 2026 avec un accent plus particulier sur le respect des consignes de prélèvement et la participation de l’Aveyron à la reconstitution d’une sérothèque.

Résistance génétique au CAEV ?

Céline Pouget, docteur vétérinaire à FODSA – GDS Aveyron, a présenté des données récentes qui suggèrent la prédisposition génétique des petits ruminants aux maladies lentivirales (CAEV). Généticiens, virologues de l’INRAe, GDS France, l’ANSES, Capgènes et l’Idèle ont mené depuis 2022, des travaux de recherche pour prouver l’existence d’un déterminisme génétique de la résis-tance aux infections lentivirales dans l’espèce caprine. Les premières analyses conduites ouvrent une perspective prometteuse à la génétique en tant que levier d’amélioration de la réponse des chèvres à ce type d’infections. Parallèle-ment, Capgènes pilote un dispositif, Lenticap, de collecte en ferme depuis septembre. L’objectif est de poser les bases d’une sélection génétique de cette résistance au sein des populations caprines françaises.

FCO : penser à vacciner !

Fany Trotier a fait un point de situation sur la FCO, en particulier les sérotypes 4 et 8 endémiques en France et le sérotype 3 qui pour l’heure épargne le département. Pour autant les responsables de FODSA GDS Aveyron encouragent les éleveurs à poursuivre la vaccination. «Le nombre de foyers dans le nord et l’ouest de la France a baissé grâce à la vaccination. Il faut maintenir la vigilance», a ainsi encouragé Jérémie Gayraud. «Une large majorité des élevages ovins sont vaccinés en France et nous recommandons de vacciner aussi contre le sérotype 3 pour préparer la prochaine campagne», a-t-il poursuivi, regrettant au passage le coût élevé du vaccin.

L’OS Lacaune et GDS France ont fait remonter leurs inquiétudes quant à la clavelée, maladie dermatologique des moutons hautement contagieuse, qui cause de lourdes pertes en Grèce. «La commission ovine de GDS France suit de très près la situation et a adressé un courrier au ministère afin qu’il soit en alerte sur le sujet», a avancé Céline Pouget.

Article de la Volonté Paysanne du 26/12/2025 – Eva DZ 

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Caprins, Ovins

La clavelée des moutons et la variole caprine sont des maladies virales réglementées en Europe, à déclaration obligatoire, qui touchent uniquement les moutons et les chèvres. Elles sont provoquées par un virus de la famille des poxvirus, proche de celui responsable de la dermatose nodulaire contagieuse chez les bovins. Elles ne sont pas transmissibles à l’être humain.

La contamination se fait principalement par contact direct entre animaux infectés, mais aussi par inhalation de sécrétions contaminées (jetage, salive, lésions cutanées). Des insectes piqueurs peuvent également intervenir dans la transmission.

Les signes les plus fréquents sont fièvre, abattement et apparition de papules ou nodules sur la peau. Chez les moutons, la maladie peut être très grave, avec une mortalité pouvant atteindre 80 % chez les agneaux dans certains élevages. Chez les chèvres, l’impact est généralement plus faible mais peut provoquer des pertes économiques importantes, notamment en élevage laitier.

La maladie est présente dans plusieurs régions du monde (Afrique, Moyen-Orient, Asie). En Europe, la clavelée touche la Grèce, ainsi que la Macédoine du Nord, la Bulgarie, la Roumanie et la Serbie.

Biosécurité et vigilance sanitaire

À ce jour, aucune introduction de petits ruminants en provenance de zones contaminées par la dermatose nodulaire contagieuse n’est enregistrée dans notre département. Le risque d’introduction est donc considéré comme faible, mais la vigilance reste indispensable.

Des mouvements d’animaux peuvent toutefois avoir lieu vers ou depuis des zones la maladie circule. Dans ce contexte, le respect strict des mesures de biosécurité, tant pendant le transport que dans les exploitations, est essentiel pour limiter tout risque sanitaire.

Mesures à respecter lors du transport

  • Nettoyer soigneusement les véhicules après chaque déplacement.

  • Désinfecter complètement les bétaillères, camions et équipements de transport.

  • Limiter les contacts entre animaux provenant d’exploitations différentes.

Mesures de biosécurité en ferme

Pour protéger les troupeaux au quotidien, il est recommandé de :

  • Nettoyer et désinfecter les bottes des intervenants extérieurs avant et après leur passage.

  • Mettre en place un parking spécifique pour les visiteurs et fournisseurs, éloigné des bâtiments d’élevage.

  • Prévoir un lavage des mains régulier pour toutes les personnes manipulant les animaux.

  • Utiliser des tenues dédiées à l’élevage, lavées et réservées uniquement à la ferme.

  • Limiter l’accès aux bâtiments aux personnes strictement nécessaires.

Le respect rigoureux de ces mesures simples contribue à limiter le risque d’introduction et de diffusion de maladies dans les élevages du département. Une surveillance attentive des animaux et un signalement rapide à son vétérinaire en cas de doute restent également essentiels pour protéger les troupeaux.

Situation inquiétante dans certains pays européens

La situation sanitaire en Grèce s’est nettement dégradée ces derniers mois. Depuis la fin du mois d’avril, le nombre de foyers augmente avec une circulation active du virus dans plusieurs régions du nord, du centre et de l’est du pays.

Cette évolution s’explique notamment par une forte densité de petits ruminants, un niveau de biosécurité parfois insuffisant et des mouvements d’animaux illégaux, en particulier dans le nord du pays (Macédoine orientale et Thrace).

La réapparition de la maladie intervient après près de cinq mois sans détection, ce qui pourrait correspondre à une nouvelle introduction du virus sur le territoire.

Début juillet, un premier foyer a également été détecté dans la région de Florina, à environ 10 km de la frontière avec la Macédoine du Nord, illustrant l’extension de la maladie vers de nouvelles zones.

Vous pouvez suivre l’évolution de la maladie chaque semaine sur la plateforme ESA dans le bulletin épidémiologique en cliquant ici

 

 

Bovins

Ouverture du marché Italien pour les animaux vaccinés ZV 1 sous conditions :

L’Italie élargit le périmètre du protocole d’accord pour l’importation de bovins vaccinés contre la DNC.

Après avoir accepté, sous conditions, l’importation de bovins vaccinés contre la DNC issus de zone vaccinale II, les autorités italiennes ont annoncé le 27 février leur accord pour accueillir désormais également ceux issus de zone vaccinale I dès qu’ils rempliront l’ensemble des critères requis (cf. communiqué de presse et site du Ministère de l’Agriculture : https://agriculture.gouv.fr/dermatose-nodulaire-contagieuse-dnc-litalie-elargit-le-perimetre-du-protocole-daccord-pour).

Situation DNC en Espagne :

Le Département de l’Agriculture, de l’Élevage et de l’Alimentation du Gouvernement d’Aragon a confirmé, le 28 février 2026, un foyer de DNC dans une exploitation de 130 vaches allaitantes située dans la localité de Borrastre, appartenant à la commune de Fiscal (Huesca). Cet élevage n’avait pas été vacciné, bien qu’en zone de vaccination espagnole ; la commune concernée n’ayant pas encore terminé la campagne de vaccination.

Le zonage autour de ce foyer englobe une partie du département des Hautes-Pyrénées (65), dont 26 communes passent en zone de surveillance (cf. carte).

En France : 

Depuis le 29 juin, 117 foyers ont été détectés en France au total : Savoie (32), Haute-Savoie (44), Ain (3), Rhône (1), Jura (7), Pyrénées-Orientales (22), Doubs (1), Ariège (3) et Hautes-Pyrénées (1), Haute-Garonne (2), Aude (1). Aucun nouveau foyer n’a été détecté en France depuis le 2 janvier.

Bovins, Caprins, Ovins

La direction générale de l’alimentation (DGAL) lance un appel à la vigilance.

Un grand nombre de maladies animales est présente à nos frontières et il convient de maintenir un haut niveau de vigilance pour conserver le statut indemne de la France.

Les services du ministère en charge de l’agriculture sont pleinement mobilisés pour contrôler les mouvements d’animaux et le respect des mesures de biosécurité à toutes les étapes de production. 

L’ensemble des filières est concernée par ces mesures de vigilance et la surveillance renforcée du territoire s’appuie sur la collaboration de tous les acteurs : éleveurs, vétérinaires, transporteurs, négociants, transformateurs…

Notamment, les maladies listées ci-dessous ont été détectées récemment en Union européenne ou progressent sur le continent européen : 

–  la fièvre aphteuse qui affecte les bovins, ovins, caprins et les porcins. Cette maladie a été détectée au premier semestre 2025 en Allemagne, Hongrie et Slovaquie, qui l’ont éradiquée depuis. L’origine de ces introductions n’est pas connue à ce jour.

la peste des petits ruminants (PPR) et la clavelée qui touchent les ovins et les caprins. La peste des petits ruminants est présente dans les Balkans (Croatie, Kosovo, Albanie). La clavelée touche la Grèce, ainsi que la Macédoine du Nord et la Bulgarie.

la peste porcine africaine (PPA). Cette maladie est présente dans 18 pays du continent européen, dont trois pays voisins : Allemagne, Italie et récemment l’Espagne.

Le ministère en charge de l’agriculture appelle la vigilance de tous les professionnels, les éleveurs et les transporteurs de bétail en particulier, pour respecter très strictement les mesures suivantes : 

– Les animaux destinés à l’abattage en France en provenance des pays concernés* par l’une des maladies mentionnées plus haut, doivent provenir d’une zone indemne au sein de ce pays, être couverts par un certificat sanitaire officiel établi par les autorités sanitaires du pays d’origine, et devront être transportés sans rupture de charge jusqu’à l’abattoir de destination désigné dans le certificat sanitaire, pour y être abattus dans les meilleurs délais.

– Une attention accrue au nettoyage et désinfection minutieux des moyens de transport est demandée dès le déchargement en France pour le transport de vif, et avant leur départ pour les véhicules de transport de bétail qui reviennent à vide depuis un pays infecté, quelle que soit l’espèce animale transportée.

– Les mesures habituelles de biosécurité sont à assurer, y compris pour le personnel même le personnel temporaire.

– En cas de signes évocateurs d’une de ces maladies, les éleveurs doivent contacter sans délai leur vétérinaire sanitaire qui en informera sa DDecPP. Des monographies actualisées seront mises en ligne prochainement sur notre site internet.

– Pour les DDecPP : des contrôles à l’introduction sur des animaux à destination de l’élevage pourront être menés en fonction de votre analyse de risque.

*La liste des pays d’Europe infectés par ces maladies est disponible sur le site internet de la plateforme d’épidémiosurveillance animale sous forme d’une note mise à jour chaque semaine (le mardi) : Bulletins VSI

Groupement de défense sanitaire de l’Aveyron. Actions sanitaires, formations des éleveurs, prévention.