Études et Recherches : projet en cours en petits ruminants
- 19 janvier 2026
FODSA – GDS Aveyron participe à plusieurs projets de recherche en petits ruminants. Avec l’Idèle, Agno Interpro, l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse et les engraisseurs volontaires, elle a mené le projet MaiSage (Maîtrise de la santé des agneaux en atelier d’engraissement). Face à la nouvelle réglementation sur les aliments médicamenteux (arrêt de l’administration d’antibiotiques en préventif et durcissement des règles de prescription d’antimicrobiens dans les aliments médicamenteux), la mortalité a fortement augmenté dans les ateliers d’engraissement. «Le projet a permis de mesurer les impacts technico-économiques des changements de pratiques dus à cette règlementation», a expliqué Céline Pouget. «Et d’aider les professionnels à établir les bonnes pratiques pour améliorer la maîtrise sanitaire de leur atelier. Des audits ont été menés chez les en-graisseurs sur 9 sites, nous les remercions pour leur participation. De nos échanges a découlé l’édition, d’un guide ciblant 13 thématiques, proposant des mesures de gestion et d’amélioration», poursuit-elle. En parallèle, la réflexion s’est poursuivie sur l’alimentation et l’abreuvement à travers une enquête chez les engraisseurs, pour relever leurs pratiques et étudier le possible lien avec les performances de croissance et la mortalité. Les résultats seront diffusés au printemps.
Avortements : la recherche avance
Le travail sur le diagnostic des avortements en ovin et caprin se pour-suit. Depuis 2015, le dispositif national Oscar dans lequel l’Aveyron est fortement impliqué, optimise la surveillance des causes d’avortement en vue d’augmenter les chances d’élucidation. Des boîtes contenant un kit de diagnostic de 1ère intention sont à disposition des éleveurs ovins et caprins confrontés à des séries d’avortements (3 en 7 jours). Trois maladies dites de 1ère intention sont recherchées : Fièvre Q, toxoplasmose, Chlamydiose. Depuis 2023/2024, des agents pathogènes dits de 2ème intention sont intégrés dans le département à cette recherche grâce à l’outil PCR digitale, mis au point par Aveyron Labo, «Rum’avort». Depuis cette année, cet outil est en routine dans le département. Le premier bilan partiel, à début décembre, montre que sur 105 élevages ovins inclus avec la nouvelle PCR digitale et un diagnostic à 8 recherches de pathogènes, 62% ont une cause possible. Et sur 17 élevages caprins 71% ont une cause possible. En lien avec l’ENVT, les projets en cours portent sur l’émergence de nouveaux pathogènes, l’efficacité et la performance de l’antibiothérapie, la préservation de l’arsenal thérapeutique et comment agir sur les voies et sources de transmission. Concernant les avortements précoces des agnelles, un agent pathogène particulier a été identifié pour l’heure pas connu en ruminants et très peu documenté. Malgré plusieurs échecs des essais, le travail continue avec l’ENVT, pour démontrer le rôle causal de cet agent pathogène lors d’infection expérimentale d’agnelles. «La priorité n°1 est de savoir cultiver le virus. Ce qui est très complexe mais les essais se poursuivent», résume Céline Pouget.
Adénocarcinome : qu’est-ce que c’est ?
L’adénocarcinome pulmonaire ovin (ou adénomatose pulmonaire ovine) est un virus responsable du développement d’une tumeur contagieuse du poumon des moutons. Elle affecte les adultes jeunes (1-4 ans) mais peut toucher des agneaux de 3 mois. Elle se traduit par de l’essoufflement, un amaigrissement, des troubles respiratoires et évolue entre 6 semaines et 6 mois. La source de virus est l’introduction de reproducteurs et la transmission se fait par voie aérienne (toux, écoulement liquide de jetage, contact entre animaux, confinement). Il existe d’autres voies de contamination (passage in utero et périnatal, colostrum et lait, voie sexuelle). A ce jour le diagnostic n’est pas possible sur animal vivant. Les échographies ne sont pas suffisantes, seule l’autopsie le peut. Il n’y a pas non plus de moyen de lutte (pas de détection sérologique ni de vaccin). Le contrôle de cette maladie repose essentiellement sur la détection d’animaux atteints et leur élimination du troupeau. «Mais la recherche avance !», souligne Céline Pouget. L’INRAe déploie de nouveaux tests PCR pour détecter le virus par exemple. Un réseau de recherches «solide» est en place autour de l’INRAe de Lyon, l’ENVT, Races de France et la FNO, les GDS, GTV et Aveyron Labo, l’OS Lacaune et les entreprises de sélection… Ensemble ils relancent un projet sur 3 ans dans 2 cheptels avec de la clinique. «Nous espérons démarrer en 2026 grâce aux financements», avance Céline Pouget.
Pour finir, les petits ruminants sont inclus dans PASSAGE pour «Préventif et Agroécologique, un Suivi Sanitaire basé sur une Approche Globale de l’Elevage» qui tend à uniformiser et démultiplier l’Approche Sanitaire Globale en Occitanie. Parmi les 30 fermes pilotes, un élevage ovin lait et un caprin en Aveyron ont été recrutés.
Article de la Volonté Paysanne du 26/12/2025 – Eva DZ
Partager cet article sur
Les dernières actualités
Caprins, Ovins
- 13 mars 2026
La clavelée des moutons et la variole caprine sont des maladies virales réglementées en Europe, à déclaration obligatoire, qui touchent uniquement les moutons et les chèvres. Elles sont provoquées par un virus de la famille des poxvirus, proche de celui responsable de la dermatose nodulaire contagieuse chez les bovins. Elles ne sont pas transmissibles à l’être humain.
La contamination se fait principalement par contact direct entre animaux infectés, mais aussi par inhalation de sécrétions contaminées (jetage, salive, lésions cutanées). Des insectes piqueurs peuvent également intervenir dans la transmission.
Les signes les plus fréquents sont fièvre, abattement et apparition de papules ou nodules sur la peau. Chez les moutons, la maladie peut être très grave, avec une mortalité pouvant atteindre 80 % chez les agneaux dans certains élevages. Chez les chèvres, l’impact est généralement plus faible mais peut provoquer des pertes économiques importantes, notamment en élevage laitier.
La maladie est présente dans plusieurs régions du monde (Afrique, Moyen-Orient, Asie). En Europe, la clavelée touche la Grèce, ainsi que la Macédoine du Nord, la Bulgarie, la Roumanie et la Serbie.
Biosécurité et vigilance sanitaire
À ce jour, aucune introduction de petits ruminants en provenance de zones contaminées par la dermatose nodulaire contagieuse n’est enregistrée dans notre département. Le risque d’introduction est donc considéré comme faible, mais la vigilance reste indispensable.
Des mouvements d’animaux peuvent toutefois avoir lieu vers ou depuis des zones où la maladie circule. Dans ce contexte, le respect strict des mesures de biosécurité, tant pendant le transport que dans les exploitations, est essentiel pour limiter tout risque sanitaire.
Mesures à respecter lors du transport
-
Nettoyer soigneusement les véhicules après chaque déplacement.
-
Désinfecter complètement les bétaillères, camions et équipements de transport.
-
Limiter les contacts entre animaux provenant d’exploitations différentes.
Mesures de biosécurité en ferme
Pour protéger les troupeaux au quotidien, il est recommandé de :
-
Nettoyer et désinfecter les bottes des intervenants extérieurs avant et après leur passage.
-
Mettre en place un parking spécifique pour les visiteurs et fournisseurs, éloigné des bâtiments d’élevage.
-
Prévoir un lavage des mains régulier pour toutes les personnes manipulant les animaux.
-
Utiliser des tenues dédiées à l’élevage, lavées et réservées uniquement à la ferme.
-
Limiter l’accès aux bâtiments aux personnes strictement nécessaires.
Le respect rigoureux de ces mesures simples contribue à limiter le risque d’introduction et de diffusion de maladies dans les élevages du département. Une surveillance attentive des animaux et un signalement rapide à son vétérinaire en cas de doute restent également essentiels pour protéger les troupeaux.
Situation inquiétante dans certains pays européens
La situation sanitaire en Grèce s’est nettement dégradée ces derniers mois. Depuis la fin du mois d’avril, le nombre de foyers augmente avec une circulation active du virus dans plusieurs régions du nord, du centre et de l’est du pays.
Cette évolution s’explique notamment par une forte densité de petits ruminants, un niveau de biosécurité parfois insuffisant et des mouvements d’animaux illégaux, en particulier dans le nord du pays (Macédoine orientale et Thrace).
La réapparition de la maladie intervient après près de cinq mois sans détection, ce qui pourrait correspondre à une nouvelle introduction du virus sur le territoire.
Début juillet, un premier foyer a également été détecté dans la région de Florina, à environ 10 km de la frontière avec la Macédoine du Nord, illustrant l’extension de la maladie vers de nouvelles zones.
Bovins
- 10 mars 2026
Ouverture du marché Italien pour les animaux vaccinés ZV 1 sous conditions :
L’Italie élargit le périmètre du protocole d’accord pour l’importation de bovins vaccinés contre la DNC.
Après avoir accepté, sous conditions, l’importation de bovins vaccinés contre la DNC issus de zone vaccinale II, les autorités italiennes ont annoncé le 27 février leur accord pour accueillir désormais également ceux issus de zone vaccinale I dès qu’ils rempliront l’ensemble des critères requis (cf. communiqué de presse et site du Ministère de l’Agriculture : https://agriculture.gouv.fr/dermatose-nodulaire-contagieuse-dnc-litalie-elargit-le-perimetre-du-protocole-daccord-pour).
Situation DNC en Espagne :
Le Département de l’Agriculture, de l’Élevage et de l’Alimentation du Gouvernement d’Aragon a confirmé, le 28 février 2026, un foyer de DNC dans une exploitation de 130 vaches allaitantes située dans la localité de Borrastre, appartenant à la commune de Fiscal (Huesca). Cet élevage n’avait pas été vacciné, bien qu’en zone de vaccination espagnole ; la commune concernée n’ayant pas encore terminé la campagne de vaccination.
Le zonage autour de ce foyer englobe une partie du département des Hautes-Pyrénées (65), dont 26 communes passent en zone de surveillance (cf. carte).
En France :
Depuis le 29 juin, 117 foyers ont été détectés en France au total : Savoie (32), Haute-Savoie (44), Ain (3), Rhône (1), Jura (7), Pyrénées-Orientales (22), Doubs (1), Ariège (3) et Hautes-Pyrénées (1), Haute-Garonne (2), Aude (1). Aucun nouveau foyer n’a été détecté en France depuis le 2 janvier.
Bovins, Caprins, Ovins
- 19 février 2026
La direction générale de l’alimentation (DGAL) lance un appel à la vigilance.
Un grand nombre de maladies animales est présente à nos frontières et il convient de maintenir un haut niveau de vigilance pour conserver le statut indemne de la France.
Les services du ministère en charge de l’agriculture sont pleinement mobilisés pour contrôler les mouvements d’animaux et le respect des mesures de biosécurité à toutes les étapes de production.
L’ensemble des filières est concernée par ces mesures de vigilance et la surveillance renforcée du territoire s’appuie sur la collaboration de tous les acteurs : éleveurs, vétérinaires, transporteurs, négociants, transformateurs…
Notamment, les maladies listées ci-dessous ont été détectées récemment en Union européenne ou progressent sur le continent européen :
– la fièvre aphteuse qui affecte les bovins, ovins, caprins et les porcins. Cette maladie a été détectée au premier semestre 2025 en Allemagne, Hongrie et Slovaquie, qui l’ont éradiquée depuis. L’origine de ces introductions n’est pas connue à ce jour.
– la peste des petits ruminants (PPR) et la clavelée qui touchent les ovins et les caprins. La peste des petits ruminants est présente dans les Balkans (Croatie, Kosovo, Albanie). La clavelée touche la Grèce, ainsi que la Macédoine du Nord et la Bulgarie.
– la peste porcine africaine (PPA). Cette maladie est présente dans 18 pays du continent européen, dont trois pays voisins : Allemagne, Italie et récemment l’Espagne.
Le ministère en charge de l’agriculture appelle la vigilance de tous les professionnels, les éleveurs et les transporteurs de bétail en particulier, pour respecter très strictement les mesures suivantes :
– Les animaux destinés à l’abattage en France en provenance des pays concernés* par l’une des maladies mentionnées plus haut, doivent provenir d’une zone indemne au sein de ce pays, être couverts par un certificat sanitaire officiel établi par les autorités sanitaires du pays d’origine, et devront être transportés sans rupture de charge jusqu’à l’abattoir de destination désigné dans le certificat sanitaire, pour y être abattus dans les meilleurs délais.
– Une attention accrue au nettoyage et désinfection minutieux des moyens de transport est demandée dès le déchargement en France pour le transport de vif, et avant leur départ pour les véhicules de transport de bétail qui reviennent à vide depuis un pays infecté, quelle que soit l’espèce animale transportée.
– Les mesures habituelles de biosécurité sont à assurer, y compris pour le personnel même le personnel temporaire.
– En cas de signes évocateurs d’une de ces maladies, les éleveurs doivent contacter sans délai leur vétérinaire sanitaire qui en informera sa DDecPP. Des monographies actualisées seront mises en ligne prochainement sur notre site internet.
– Pour les DDecPP : des contrôles à l’introduction sur des animaux à destination de l’élevage pourront être menés en fonction de votre analyse de risque.
*La liste des pays d’Europe infectés par ces maladies est disponible sur le site internet de la plateforme d’épidémiosurveillance animale sous forme d’une note mise à jour chaque semaine (le mardi) : Bulletins VSI
Groupement de défense sanitaire de l’Aveyron. Actions sanitaires, formations des éleveurs, prévention.